Loin des collines tourmentées du Kivu, c’est à Washington que s’est portée, avec gravité, la voix des femmes congolaises. Une voix incarnée par Denise Nyakeru Tshisekedi, venue rappeler au monde que derrière les statistiques de guerre, il y a des vies brisées, des destins suspendus, et une dignité à reconstruire.
En marge du sommet Fostering the Future Together Coalition, la Première Dame a multiplié les échanges, dont une rencontre stratégique avec Melanne Verveer, figure influente des questions de paix et de sécurité liées au genre. Au cœur de leurs discussions : la condition des femmes et des jeunes filles dans l’Est de la République démocratique du Congo, théâtre de violences persistantes.
Dans cette région marquée par des années de conflits armés, la violence sexuelle demeure une arme silencieuse mais dévastatrice. Denise Nyakeru Tshisekedi l’a rappelé sans détour : ces crimes ne sont pas seulement des tragédies individuelles, ils constituent un frein majeur à toute perspective de paix durable. Car là où les corps sont brisés, le tissu social se déchire.
Face à cette réalité, la Première Dame a plaidé pour un sursaut collectif. Renforcer les mécanismes de protection des victimes, garantir un accompagnement digne et durable, mais aussi rompre avec l’impunité qui entoure encore trop souvent ces crimes : autant de priorités qu’elle a mises en avant avec insistance.
Mais son message ne s’arrête pas à la dénonciation. Il porte aussi une vision : celle d’une paix construite avec les femmes, et non sans elles. Leur participation active aux processus de résolution des conflits apparaît, selon elle, comme une condition essentielle pour bâtir des solutions durables et inclusives.
À Washington, ce plaidoyer n’était pas qu’un discours diplomatique. C’était un appel. Un appel à voir, à comprendre et surtout à agir. Car dans l’Est de la RDC, protéger les femmes, c’est déjà commencer à reconstruire la paix.
JK


