Deux mois après la signature de l’Accord de paix de Washington entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, les parties prenantes et partenaires internationaux reconnaissent des retards dans sa mise en œuvre, tout en réaffirmant leur volonté d’avancer. Le Comité mixte de surveillance (JOC) s’est réuni le mercredi 3 septembre 2025 pour faire le point sur les progrès réalisés et les défis persistants.
La réunion, tenue sous la facilitation de l’Union africaine, a réuni des représentants de la RDC, du Rwanda, des États-Unis, du Qatar et du Togo, ainsi que de la Commission de l’UA. Dans un communiqué, le Département d’État américain a confirmé que le JOC avait examiné « les défis récents dans la mise en œuvre, notamment les rapports de violence persistante dans l’est de la RDC, et identifié des mesures concrètes pour garantir le respect des dispositions de l’Accord. »
Les participants ont salué la fusion des initiatives de paix sous une coordination unique de l’UA, une mesure censée renforcer l’efficacité des mécanismes régionaux. Cette décision réunit désormais les secrétariats techniques de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de l’UA en un secrétariat conjoint indépendant.
Les conclusions du Baromètre des Accords de Paix en Afrique viennent appuyer le constat des parties prenantes. Entre fin juin et fin août 2025, seulement 14 des 30 tâches prévues par l’Accord ont été partiellement exécutées, avec un taux global d’exécution de 19,1 % (57,5 points sur 300). En considérant uniquement ces tâches partiellement réalisées, leur taux d’exécution atteint 41 %.
Ces chiffres traduisent la complexité des engagements pris à Washington, tant sur le plan sécuritaire qu’économique, et la lenteur des démarches concrètes pour faire avancer la paix dans l’est de la RDC.
L’Accord de Washington repose sur deux volets principaux :
Sécuritaire : Respect de l’intégrité territoriale des deux États: Cessation des hostilités et arrêt du soutien aux groupes armés (FDLR, M23/AFC); Mise en place d’un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire, basé sur le concept d’opérations adopté à Luanda en octobre 2024.
Économique : Développement de projets communs, notamment en hydroélectricité, gestion des parcs nationaux et traçabilité des minerais; Appui des cadres régionaux existants (CIRGL, COMESA, EAC) pour dynamiser l’intégration économique; Rôle accru des États-Unis comme investisseurs dans les filières stratégiques.
Malgré les retards constatés, les parties signataires ont réaffirmé leur volonté de restaurer la paix et de renforcer la coopération. Les gouvernements de la RDC et du Rwanda se sont engagés à faciliter le retour des réfugiés, conformément à la réunion ministérielle tripartite du 8 août 2025.
Cette nouvelle rencontre démontre que, malgré les tensions persistantes, la communauté internationale et les États concernés maintiennent une volonté politique forte pour sortir la région des Grands Lacs de la spirale de violences.


