Une nouvelle étape décisive s’ouvre dans l’application de l’accord de Washington conclu entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda sous la médiation des États-Unis. Dans le cadre de la mise en œuvre de l’ordre d’opération validé lors de la troisième réunion du comité conjoint de surveillance, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont appelé ce vendredi toutes les factions des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) à déposer les armes et à se rendre aux autorités congolaises ou à la MONUSCO, en vue de leur rapatriement au Rwanda.
Dans un communiqué officiel, l’armée congolaise met en garde contre toute tentative de résistance : « En cas de refus d’obtempérer, les FARDC procéderont au désarmement par contrainte ou par usage de la force, conformément aux dispositions pertinentes de l’accord de Washington », prévient le texte.
Les FARDC invitent également les populations en contact avec les combattants FDLR à se désolidariser de ces rebelles et à contribuer à leur reddition pacifique. Par ailleurs, un rappel ferme a été adressé à l’ensemble des militaires congolais : toute collaboration directe ou indirecte avec les FDLR est strictement interdite et passible de sanctions sévères.
L’ordre d’opération (OPORD), élaboré conjointement entre Kinshasa et Kigali, vise à concrétiser le Concept d’opérations (CONOPS), qui définit la stratégie commune pour la neutralisation des FDLR et de leurs groupes affiliés, tout en prévoyant le désengagement progressif des forces rwandaises et la levée des mesures défensives autour de la frontière commune.
Dans un communiqué publié à Washington, le département d’État américain a salué la convergence de vues entre les deux pays : « Les gouvernements de la RDC et du Rwanda ont réaffirmé leur engagement envers l’objectif final du CONOPS : éradiquer la menace des FDLR, lever les mesures défensives du Rwanda, rétablir l’autorité de l’État congolais et restaurer la confiance entre les deux nations. »
Le comité conjoint de surveillance a insisté sur la nécessité de soutenir la pleine mise en œuvre de l’accord, tout en bannissant tout discours ou acte hostile pouvant compromettre la paix, notamment dans les arènes internationales. Une quatrième réunion du comité est déjà prévue après la session du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (MCCS), annoncée pour les 21 et 22 octobre prochains.
Signé après l’échec du processus de Luanda et la chute de Goma et Bukavu, l’accord de Washington s’impose aujourd’hui comme l’un des deux piliers majeurs — aux côtés du processus de Doha — des efforts diplomatiques visant à mettre fin aux conflits récurrents dans l’Est de la RDC. Ces initiatives combinées traduisent la volonté de la communauté internationale et des parties régionales d’en finir avec des décennies d’instabilité alimentée par la présence de groupes armés tels que le M23 et les FDLR.
La rédaction de b-onetv.cd


