Un an après la signature, le 27 juin 2025, de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington, l’heure est au bilan. Présenté comme un tournant diplomatique majeur pour mettre fin au conflit dans l’Est congolais, ce texte peine encore à produire les effets attendus par les populations.
Négocié sous la médiation des États-Unis et du Qatar, l’accord prévoyait notamment le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, le désarmement des groupes armés, dont les FDLR, ainsi que le rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones sous occupation. Toutefois, l’absence du M23 à la table des négociations avait dès le départ suscité des réserves chez plusieurs observateurs, qui redoutaient une mise en œuvre incomplète.
Durant l’année écoulée, plusieurs mécanismes ont été mis en place, notamment le Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité à Addis-Abeba et le lancement du CONOPS. Face aux lenteurs observées, Washington a également imposé des sanctions contre plusieurs responsables militaires rwandais afin de relancer la dynamique.
Malgré ces initiatives diplomatiques, les résultats restent limités. Selon les indicateurs disponibles, le niveau d’exécution de l’accord est estimé à 31 % pour la RDC et 30 % pour le Rwanda. Pendant ce temps, plusieurs localités de l’Est, notamment Bunagana, ainsi que des portions du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, demeurent sous l’influence de groupes armés ou continuent de faire face à une forte insécurité.
Si l’accord de Washington a permis de maintenir le dialogue entre Kinshasa et Kigali et d’ouvrir des canaux diplomatiques inédits, la paix durable reste encore à construire. Un an après, les avancées existent, mais elles demeurent insuffisantes pour répondre aux attentes des Congolais, qui continuent de juger l’accord à l’aune d’un seul critère : le retour effectif de la paix sur le terrain.
Elrick Elesse


