L’enquête internationale sur la tentative de coup d’État du 19 mai 2024 en République démocratique du Congo connaît une nouvelle étape majeure. Trois ressortissants américains, déjà condamnés à Kinshasa puis extradés vers les États-Unis, seront rejugés en mars prochain devant un tribunal fédéral du district de l’Utah.
Dans ce cadre, deux agents spéciaux du FBI ont été dépêchés à Kinshasa pour approfondir les investigations liées à l’affaire Christian Malanga, considéré comme le cerveau du complot. Arrivés de Nairobi, siège du bureau régional de l’attaché juridique du FBI pour l’Afrique de l’Est et centrale, les enquêteurs américains mènent actuellement des auditions et collectent des informations auprès des autorités judiciaires congolaises.
Selon des sources judiciaires, magistrats, enquêteurs et avocats impliqués dans la procédure en RDC ont été entendus afin de reconstituer le déroulement de l’instruction, les conditions des procès tenus à Kinshasa, ainsi que l’évaluation des dommages civils causés par la tentative de putsch. Cette mission s’inscrit dans la préparation du procès américain prévu dans les prochaines semaines.
L’affaire porte le nom de Christian Malanga, Américain d’origine congolaise, accusé d’avoir orchestré l’attaque armée contre le Palais de la Nation à Kinshasa. La tentative de coup d’État, déjouée par les forces de sécurité congolaises, avait suscité une onde de choc tant au niveau national qu’international, mettant en lumière la menace sécuritaire et les ramifications transnationales du complot.
Parmi les personnes appelées à comparaître devant la justice fédérale américaine figurent : Marcel Malanga, fils du chef du commando, Tyler Thompson, Benjamin Zalman-Polun, Joseph Peter. Ces individus avaient été condamnés à Kinshasa avant que leur peine de mort ne soit commuée en servitude pénale à perpétuité, permettant leur extradition vers les États-Unis.
Aux États-Unis, les accusés devront répondre de graves chefs d’inculpation, notamment : complot en vue de fournir un soutien matériel à une entreprise terroriste, usage d’armes de destruction massive, attentats contre des installations gouvernementales, projet d’assassinats ou d’enlèvements à l’étranger. Ces accusations illustrent la dimension internationale et terroriste attribuée à la tentative de putsch.
Le procès attendu en mars prochain constitue un tournant dans la coopération judiciaire entre la RDC et les États-Unis. Il pourrait également établir un précédent en matière de poursuites transnationales contre les auteurs de tentatives de déstabilisation institutionnelle. Pour Kinshasa, cette procédure représente aussi une reconnaissance internationale de la gravité des faits et un signal fort contre l’impunité.
La rédaction de b-onetv.cd


