À Kinshasa, le nom de Lisette Kabanga Tshibwabwa s’impose depuis plusieurs semaines dans les débats politiques et médiatiques. Présentée par certains comme une figure centrale derrière de supposées arrestations attribuées au Conseil National de Cyberdéfense (CNC), cette haute cadre de l’institution rejette catégoriquement ces accusations. Ses avocats, réunis ce samedi 31 janvier 2026 devant la presse, dénoncent un “lynchage orchestré” et menacent de saisir la justice.

Créé en 2023 par ordonnance présidentielle et rattaché directement à la Présidence de la République, le Conseil National de Cyberdéfense (CNC) est devenu un acteur stratégique dans le dispositif sécuritaire congolais. Dirigé par Jean-Claude Bukasa, ce service spécialisé intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par la guerre dans l’Est du pays et l’agression rwandaise à travers la rébellion AFC/M23.
Ces derniers mois, plusieurs interpellations et arrestations visant des officiers supérieurs, des personnalités politiques et des opposants ont placé le CNC au centre des controverses. Dans cette atmosphère de suspicion, un nom revient avec insistance : Lisette Kabanga Tshibwabwa, présentée dans certains cercles comme la “femme-orchestre” à l’origine de ces opérations.
Proche collaboratrice du coordonnateur du CNC, elle est désormais associée, à tort selon ses défenseurs, à des actions répressives attribuées à ce service rattaché à la Présidence. Face à la multiplication des accusations, les avocats-conseils de Lisette Kabanga ont tenu un point de presse ce samedi à Kinshasa pour dénoncer ce qu’ils qualifient de campagne de diffamation.
Maître Ciamba Ckiness a dressé un tableau alarmant : « Madame Kabanga accomplit ses devoirs professionnels conformément aux lois de la République. Depuis un certain temps, elle fait l’objet d’un lynchage savamment orchestré par certaines organisations de la société civile et des officines politiques pour nuire à son honneur et à sa dignité », a-t-il déclaré.
Selon la défense, cette campagne serait amplifiée par certains médias nationaux et internationaux, ainsi que par les réseaux sociaux. Les avocats de Lisette Kabanga affirment que leur cliente dément formellement toutes les accusations portées contre elle. Ils préviennent que si ces imputations persistent, une plainte sera déposée dans les prochains jours contre les auteurs et relais de cette “diffamation”.
« Elle met en garde toute personne tentée de rééditer ces faits… Elle n’hésitera pas à saisir l’autorité judiciaire compétente », a insisté Maître Ciamba. Les médias sont également appelés à la prudence, sous peine d’engager leur responsabilité pénale et civile.
Le rappel des textes de loi : diffamation et fausses informations sanctionnées
Pour appuyer leur position, les avocats ont invoqué plusieurs dispositions légales. Ils ont rappelé que l’article 74 du Code pénal congolais sanctionne toute imputation publique portant atteinte à l’honneur d’une personne, avec des peines pouvant aller jusqu’à un an de servitude pénale.
Ils ont également cité l’article 360 du Code du numérique, qui punit la propagation de fausses informations via les réseaux sociaux ou tout support électronique, avec des peines allant de un à six mois de prison et des amendes pouvant atteindre un million de francs congolais.
Cette affaire illustre la tension croissante entre impératifs sécuritaires et climat politique polarisé. Dans une RDC confrontée à une guerre persistante à l’Est et à des défis internes majeurs, le CNC apparaît à la fois comme un outil stratégique et une institution exposée aux controverses. Pour Lisette Kabanga Tshibwabwa, l’enjeu est désormais judiciaire : rétablir son image et mettre fin à ce que ses avocats qualifient de “campagne de diffamation”.
JK


