La République démocratique du Congo (RDC) vient de marquer un tournant diplomatique majeur dans la crise sécuritaire qui secoue l’Est du pays, où elle fait face à l’agression rwandaise à travers le M23. Ce vendredi 7 février 2025, les États membres du Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont adopté à l’unanimité une résolution présentée par Kinshasa, ouvrant ainsi une enquête internationale sur les violations des droits humains perpétrées par l’armée rwandaise et le groupe armé M23.
« Cette décision historique représente une avancée diplomatique significative pour la RDC, qui dénonce depuis plus de trois décennies l’appui militaire et logistique du Rwanda aux terroristes du RDF/M23. La mission d’enquête sera chargée de documenter les crimes commis depuis janvier 2022, notamment les exécutions sommaires, les violences sexuelles et les déplacements forcés de civils », précise une dépêche du ministère de la Communication et Médias.
L’adoption de cette résolution renforce la lutte de la RDC contre cette guerre imposée par Kigali. Elle s’ajoute aux nombreuses condamnations internationales et aux appels pressants au retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Par ailleurs, la Cour pénale internationale (CPI) a réitéré son engagement à identifier les crimes commis dans le cadre de ce conflit et a appelé ses partenaires à collaborer étroitement avec elle.
Lors de cette session extraordinaire de la Commission des droits de l’homme, la MONUSCO a exhorté les États membres à réagir sans délai face à la crise humanitaire et sanitaire alarmante qui frappe la ville de Goma. La capitale provinciale du Nord-Kivu est actuellement sous occupation des rebelles du M23, soutenus par le régime de Paul Kagame, à la suite d’intenses affrontements ayant causé près de 3 000 morts et plus de 3 000 blessés.
Emille Kayomba


