L’Assemblée nationale traverse une zone de turbulences. Réunis en plénière ce mercredi, les députés ont décidé de confier à une commission spéciale et temporaire l’examen des pétitions visant cinq des sept membres du Bureau, dont le président Vital Kamerhe. Présidée par le premier vice-président de la Chambre basse, Jean-Claude Tshilumbayi, la plénière a fixé un délai strict : 72 heures. La commission devra rendre ses conclusions d’ici samedi, à l’issue d’auditions prévues des membres du Bureau mis en cause.
Sa composition reflète un équilibre politique : chaque groupe parlementaire y délègue un représentant, auquel s’ajoute un député non-inscrit, garantissant ainsi une représentativité élargie.
Les pétitionnaires accusent le Bureau de plusieurs manquements : une gestion jugée opaque des finances de l’Assemblée nationale ; la négligence de la situation sociale des députés ; le vote précipité ou bâclé de certaines lois ; ainsi que des entraves aux mécanismes de contrôle parlementaire. Autant de griefs qui, s’ils sont retenus, pourraient fragiliser la légitimité de l’actuel Bureau et relancer les équilibres politiques à l’intérieur de l’hémicycle.
Au-delà de l’aspect technique, cette procédure illustre la profonde crise qui secoue l’Assemblée nationale. Vital Kamerhe, figure centrale du paysage politique congolais, se retrouve de nouveau au cœur d’une controverse majeure. L’issue des travaux de la commission pourrait non seulement rebattre les cartes au sein de l’institution, mais aussi influencer le climat politique national déjà tendu.


