Dans un geste fort en faveur de la paix, Bintou Keita, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC et cheffe de la MONUSCO, s’est rendue ce vendredi 13 juin 2025 à Goma, où elle a rencontré pour la première fois les responsables de la rébellion AFC/M23 depuis la prise de la ville par ce groupe en janvier dernier.
Bintou Keita a initié un dialogue direct et inédit avec Corneille Nangaa, président de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), et Bertrand Bisimwa, président du M23. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de désamorcer la crise qui perdure à l’Est de la RDC et d’explorer les voies menant à une solution pacifique.
« Je suis venue à Goma dans un esprit d’écoute et d’échange. Les responsables de l’AFC/M23 ont exprimé leur volonté de trouver une solution pacifique à la crise. La MONUSCO reste également disposée à soutenir toutes les initiatives de paix en cours », a déclaré Mme Keita devant la presse.
La rencontre a principalement porté sur la protection des civils et les efforts conjoints pour la stabilisation de la région, deux éléments centraux du mandat de la MONUSCO. Elle intervient dans un contexte où les affrontements prolongés ont aggravé la souffrance des populations et accru la nécessité d’un règlement négocié.
La cheffe de la MONUSCO a également rappelé une opération humanitaire de désescalade réalisée récemment : le transfert de 1 359 éléments des FARDC et de la PNC de Goma à Kinshasa, avec la facilitation du CICR. Un geste concret en faveur de l’apaisement, selon elle.
Bien que la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui demande le retrait du M23 des zones occupées, n’ait pas été évoquée explicitement lors des échanges, cette rencontre marque une avancée significative vers un possible processus de négociation.
Alors que la MONUSCO poursuit son retrait progressif du territoire congolais, elle reste pleinement engagée à accompagner les efforts de paix dans les zones encore sous tension comme Goma. « Cette première prise de contact formelle n’est pas une fin en soi, mais le début d’un dialogue nécessaire pour mettre fin aux souffrances et redonner espoir aux populations civiles », a conclu Bintou Keita.
Dans une région meurtrie depuis trop longtemps, cette main tendue des Nations Unies pourrait ouvrir une nouvelle ère de dialogue, de confiance et de paix durable.
Elrick ELESSE


