Invité de Papy Mboma dans l’émission Bone music sur Bone tv, Koffi Olomidé s’est exprimé sur l’affaire judiciaire qui oppose Rebo Tchulo au ministère public. À quelques jours du verdict, le « Grand Mopao » a lancé un appel à la justice congolaise, plaidant pour l’indulgence à l’égard de la jeune artiste. Le dossier Rebo Tchulo continue de dépasser les frontières du prétoire. Alors que la justice militaire s’apprête à se prononcer sur le sort de la chanteuse, l’affaire mobilise également le monde de la musique congolaise.
C’est dans ce contexte que Koffi Olomidé, invité de Papy Mboma dans Bone music, a choisi de prendre la parole. Sans se présenter comme défenseur juridique de la chanteuse, l’artiste a livré un plaidoyer au nom de la corporation musicale, appelant les autorités judiciaires à faire preuve de clémence. « Je voudrais aujourd’hui lancer un appel au nom de toute la corporation musicale afin que la justice fasse preuve d’indulgence envers Rebo », a déclaré Koffi Olomidé.
L’affaire remonte à avril 2026, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant un homme violemment frappé par des militaires dans la résidence de Rebo Tchulo. Les images avaient provoqué une vive indignation et conduit à l’ouverture de poursuites judiciaires. La chanteuse est poursuivie devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema pour incitation présumée de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des FARDC.
Treize militaires, dont quatre en fuite, comparaissent également dans le même dossier pour des faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires. Au terme des débats, le ministère public a requis 14 mois de servitude pénale contre Rebo Tchulo. La partie civile a, de son côté, réclamé 250 000 dollars américains à titre de dommages et intérêts. La défense de la chanteuse conteste les accusations et réclame son acquittement.
Le verdict, initialement annoncé pour le 20 août, a finalement été reporté au 27 août 2026, en raison de l’absence d’un juge ayant participé à l’instruction de l’affaire, selon le tribunal. C’est précisément dans cette attente que Koffi Olomidé a choisi de s’exprimer. Le chanteur insiste d’abord sur un principe : la loi doit s’appliquer à tous. Mais il estime que le dossier mérite également d’être examiné avec discernement, notamment lorsqu’il s’agit d’établir la responsabilité personnelle de chaque prévenu.
« Bien entendu, personne n’est au-dessus de la loi. Mais lorsqu’on regarde cette affaire, la responsabilité pénale reste individuelle », a-t-il souligné. Koffi Olomidé dit suivre l’affaire à distance et s’interroge sur la responsabilité directe de Rebo dans les violences infligées à la victime. Selon lui, le fait que des militaires aient commis des actes répréhensibles ne suffit pas, à lui seul, à établir que la chanteuse leur aurait personnellement ordonné de les commettre. « Je ne sais pas s’il a été établi que Rebo avait personnellement donné cet ordre, mais je ne le pense pas », a-t-il déclaré.
« Elle ne mérite pas d’aller en prison » Le patron de l’orchestre Quartier Latin reconnaît ne pas entretenir de relation particulière avec Rebo Tchulo. Il précise même que les deux artistes se sont pratiquement à peine rencontrés. Mais pour lui, cela ne retire rien à la solidarité qu’il estime devoir être exprimée dans une période aussi délicate. « Nous ne nous connaissons pratiquement pas. Nous nous sommes vus une seule fois, de manière fortuite, mais elle représente aujourd’hui l’une des figures féminines de notre musique », a-t-il expliqué.
Son message aux autorités judiciaires est donc sans ambiguïté : que les circonstances du dossier soient examinées avec rigueur, mais également avec humanité. « J’aimerais vraiment que la justice de notre pays puisse tenir compte de certains éléments du dossier et lui accorder la clémence », a-t-il plaidé. Et de conclure : « À mon avis, elle ne mérite pas d’aller en prison. » La sortie de Koffi Olomidé intervient alors que le procès est entré dans sa dernière ligne droite. Après plusieurs semaines d’audiences, les parties ont présenté leurs arguments et le tribunal a pris l’affaire en délibéré.
Rebo Tchulo, qui clame son innocence, devra donc encore patienter avant de connaître la décision de la juridiction militaire. En attendant, le plaidoyer de Koffi Olomidé ajoute une voix importante à un débat qui dépasse désormais la seule personnalité de Rebo. Il pose aussi une question plus large : comment concilier l’exigence de justice, la responsabilité individuelle et la nécessité de laisser une place à la clémence lorsque les circonstances le permettent ?
Sur le plateau de Bone music, Koffi Olomidé a choisi de répondre par un appel à l’indulgence. La justice, elle, devra désormais trancher sur la base des éléments du dossier. Le rendez-vous est fixé au 27 août.
Junior Kulele


