Le procès d’Honorine Porsche, présentée comme l’une des principales suspectes dans le braquage spectaculaire de la Rawbank/Victoire à Kinshasa, a franchi un tournant décisif ce mardi 18 novembre 2025. Devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe, siégeant en chambre foraine au Camp Lufungula, le ministère public a prononcé des réquisitions sévères, marquant un moment de haute tension judiciaire.
L’affaire remonte à plusieurs semaines mais continue de défrayer la chronique. Le braquage de l’agence Rawbank/Victoire, réalisé avec une précision qualifiée de « quasi-militaire », avait mobilisé la police, les services de renseignement et l’armée. Plusieurs suspects avaient été arrêtés, dont Honorine Porsche, rapidement désignée comme « actrice principale » dans la préparation et l’exécution du coup. À ses côtés, avaient également été interpellés deux agents de sécurité assignés à la banque et deux policiers chargés de la protection du site, soupçonnés d’avoir facilité l’opération.
Face à la gravité des faits, le ministère public a demandé au tribunal de reconnaître Honorine Porsche coupable d’association des malfaiteurs. Le parquet a présenté deux séries de réquisitions qui s’articulent autour de la responsabilité présumée des uns et des autres : Pour Honorine Porsche : la servitude pénale à perpétuité pour association de malfaiteurs. Dans une variante plus récente du réquisitoire, une peine de 20 ans d’emprisonnement a également été proposée par un autre représentant du ministère public.
Pour les coaccusés (agents de sécurité et policiers) : la peine de mort, le parquet estimant qu’ils auraient joué un rôle central et déterminant dans la réussite du braquage. Ces réquisitions contrastées, parfois divergentes selon les pièces versées au dossier, témoignent de la complexité du procès et du caractère sensible de l’affaire.
Les avocats d’Honorine Porsche ont vivement réagi aux réquisitions, les qualifiant d’“excessives” et d’“injustifiées”. Selon eux : la procédure serait entachée d’irrégularités, certaines auditions auraient été conduites « en violation des droits de la défense », et les preuves retenues contre leur cliente seraient « fragiles et non concluantes ». Ils ont insisté sur le fait que le dossier reposerait en grande partie sur des témoignages contradictoires et des aveux présumés obtenus dans des conditions contestées.
À l’issue des réquisitions, le tribunal a annoncé la poursuite du procès avec l’étape des plaidoiries de la défense. Le verdict, très attendu par l’opinion publique, devrait tomber dans les prochains jours. Cette affaire, devenue emblématique des débats sur la criminalité urbaine, la corruption et les défaillances sécuritaires, met une fois de plus en lumière l’importance du rôle de la justice militaire dans les crimes impliquant des agents de l’État.
Junior Kulele


