L’Assemblée nationale et le Sénat ouvrent ce lundi la session parlementaire de septembre, traditionnellement consacrée au débat et au vote du budget de l’État. Mais cette rentrée ne sera pas seulement budgétaire : elle se tient dans un climat politique où les questions sécuritaires, en particulier à l’Est du pays, et la stabilité des institutions sont au cœur des préoccupations.
Malgré les tensions qui agitent régulièrement la scène politique congolaise, les responsables des deux chambres du Parlement se veulent rassurants. Jacques Djoli, rapporteur de l’Assemblée nationale, a insisté sur les efforts déployés pour garantir une rentrée parlementaire sereine. « Toutes ces réunions ont tourné autour de l’impératif d’une rentrée parlementaire sereine, conformément aux orientations du Chef de l’État. La session budgétaire se focalise sur la sécurité à l’Est et la stabilité des institutions », a-t-il déclaré.
Sous la houlette du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, une série de consultations avec les caucus des députés et les services administratifs du Parlement a eu lieu la semaine dernière. L’objectif était de prendre en compte les revendications et suggestions des élus afin d’instaurer un climat de travail apaisé.
Cette session parlementaire s’articule autour de quatre axes majeurs :
Adoption du budget 2026 : Document central de cette rentrée, il fixera les priorités financières de l’État dans un contexte économique tendu, marqué par la volatilité des prix des matières premières et des défis macroéconomiques persistants.
Situation sécuritaire dans l’Est : Alors que le M23 et d’autres groupes armés continuent de menacer la stabilité du Nord-Kivu et de l’Ituri, le Parlement entend renforcer le contrôle des opérations militaires et les mécanismes de soutien humanitaire.
Renforcement de l’unité nationale : La classe politique est appelée à faire front commun pour éviter les fractures internes et rassurer la population.
Défense de l’intégrité territoriale : Les élus devront se pencher sur des mesures concrètes pour contrer les menaces à la souveraineté nationale.
Du côté du Sénat, la rapporteure Nefertiti Ngudianza promet une session calme et studieuse : « Nous sommes la chambre des sages. Tout sera calme. Nous avons des arriérés à examiner et des questions de contrôle à programmer. Les sénateurs sont libres d’exercer leur droit constitutionnel », a-t-elle assuré. Cette chambre haute aura également pour mission d’examiner plusieurs textes de loi en attente, notamment ceux liés à la gouvernance locale, ainsi que des nominations attendues dans l’appareil judiciaire et administratif.
La société civile, très attentive à cette rentrée parlementaire, appelle les élus à travailler dans l’intérêt du peuple. Dans un contexte de crise humanitaire dans l’Est, de contestations sociales et de pressions économiques, les Congolais attendent des mesures concrètes, loin des querelles politiques.
Cette session de septembre représente un test majeur pour le gouvernement et la majorité parlementaire. Le budget 2026, qui sera débattu, devra répondre aux besoins croissants en infrastructures, en sécurité et en services sociaux, tout en maintenant la stabilité macroéconomique. Les regards sont également tournés vers les réformes institutionnelles et le contrôle parlementaire des actions gouvernementales, jugés essentiels pour renforcer la gouvernance.


