57 500 milliards de francs congolais. C’est le montant du projet de loi de finances 2027 adopté par le gouvernement congolais. Une enveloppe équivalant à 24,8 milliards de dollars américains, en progression de 12 % par rapport au budget rectificatif de 2026. Le nouveau budget affiche ainsi une ambition claire : augmenter les moyens de l’État tout en renforçant sa capacité à financer ses propres priorités.
Réuni vendredi 11 septembre à la Cité de l’Union africaine, sous la présidence de Félix Tshisekedi, le Conseil des ministres a validé le projet présenté par le Vice-Premier ministre chargé du Budget, Adolphe Muzito. L’adoption intervient à la veille du dépôt obligatoire du texte au Parlement, prévu ce mardi 15 septembre, date d’ouverture de la session parlementaire de septembre consacrée notamment à l’examen du budget national.
Le gouvernement mise d’abord sur une mobilisation accrue des ressources nationales. Les recettes courantes sont projetées à 17,5 milliards USD, tandis que la pression fiscale devrait atteindre 12,8 %. L’objectif affiché est de réduire progressivement la dépendance de l’État vis-à-vis des financements extérieurs et de consolider son autonomie financière. Mais les partenaires internationaux restent également présents dans l’équation budgétaire.
Les recettes extérieures sont estimées à 4 milliards USD, dont 973 millions au titre de l’appui budgétaire et environ 3 milliards provenant des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Le montage prévoit notamment 520 millions USD issus d’un Eurobond. Avec cette enveloppe en hausse, le gouvernement entend donner la priorité aux secteurs considérés comme stratégiques.
La sécurité figure en tête des priorités, dans un pays toujours confronté à l’instabilité dans sa partie orientale. Les infrastructures et les investissements structurants occupent également une place importante, aux côtés des secteurs sociaux. Le gouvernement annonce en outre un soutien à la diversification de l’économie ainsi qu’à la reconstruction des zones touchées par les conflits.
Mais l’augmentation du budget pose une autre question : comment transformer ces milliards supplémentaires en résultats visibles pour la population ? Car un budget plus important ne garantit pas automatiquement une meilleure action publique. Tout dépendra de la capacité de l’État à mobiliser effectivement les recettes annoncées, à exécuter les dépenses prévues et surtout à limiter les déperditions.
Le gouvernement promet justement de renforcer la discipline budgétaire et de privilégier les dépenses présentant un impact économique et social significatif. Il entend également préserver les équilibres macroéconomiques en surveillant le déficit, l’endettement et les risques liés à l’exécution du budget. Le véritable test du budget 2027 sera donc moins son montant que son taux d’exécution et ses effets concrets : routes construites, infrastructures réhabilitées, sécurité renforcée, services sociaux améliorés et capacité de production accrue.
Après son adoption par le gouvernement, le projet prend désormais la direction du Parlement. L’Assemblée nationale devra l’examiner dans le délai constitutionnel prévu, avant son passage au Sénat pour une seconde lecture. Avec près de 25 milliards de dollars annoncés, le gouvernement place la barre haut. Reste à savoir si le budget 2027 sera seulement le plus imposant sur le papier ou s’il deviendra aussi l’un des plus visibles dans le quotidien des Congolais.
La rédaction de b-onetv.cd


