À la veille du choc très attendu entre la République démocratique du Congo et l’Algérie, comptant pour les huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025, le sélectionneur congolais Sébastien Desabre a affiché un calme assumé et une confiance mesurée. « On a les armes pour passer ce tour », a-t-il martelé lundi 5 janvier 2025 en conférence de presse à Rabat, aux côtés de l’attaquant Cédric Bakambu. Une déclaration forte, loin de la provocation, qui repose sur des arguments bien réels.
Une RDC en pleine maturité collective
Depuis plusieurs mois, les Léopards affichent une progression constante. Sous la houlette de Sébastien Desabre, la RDC a gagné en équilibre, en discipline tactique et surtout en solidité mentale. Cette équipe ne panique plus, sait souffrir et gère mieux les temps faibles. Le nul accroché face au Sénégal (1-1) lors de la phase de groupes en est une illustration : la RDC a tenu tête à l’un des favoris du tournoi sans renier son identité.
Avec cinq jours pleins de préparation avant ce huitième de finale, le staff technique a pu travailler dans la sérénité. « Tout a été mis en œuvre pour aborder ce match dans les meilleures conditions », a insisté Desabre. Un luxe rare dans une compétition aussi dense, et un avantage non négligeable face à une Algérie parfois critiquée pour son irrégularité.
Des atouts offensifs capables de faire la différence
L’un des principaux atouts congolais réside dans son potentiel offensif. Cédric Bakambu, déjà buteur face à l’Algérie lors du match amical de 2019 (1-1 à Blida), reste une menace constante par sa mobilité, son expérience et son sens du but. Autour de lui, la RDC dispose de profils capables de percuter, d’aller vite en transition et de faire mal sur les côtés.
Le retour dans le groupe d’Arthur Masuaku est également une bonne nouvelle. Sorti sur blessure contre le Sénégal, le latéral gauche de Sunderland est désormais apte. Son apport offensif, sa qualité de centre et son volume de jeu peuvent peser lourd face à une défense algérienne parfois exposée sur les côtés. Même s’il ne débute pas, sa simple disponibilité élargit les options tactiques.
Une Algérie sous pression
En face, l’Algérie reste l’Algérie : un grand nom du football africain, des individualités de classe et une expérience certaine des grands rendez-vous. Mais les Fennecs arrivent avec une pression particulière, celle du favori qui n’a plus droit à l’erreur. Leur parcours récent en Coupe d’Afrique a laissé des doutes, et leur jeu manque parfois de constance. Sébastien Desabre l’a souligné avec lucidité : « Si on fléchit, ce sera très difficile pour nous, mais aussi pour l’Algérie. » Autrement dit, ce match se jouera sur des détails, sur la capacité à rester concentré et régulier pendant 90 minutes, voire plus.
Les Léopards peuvent-ils battre les Fennecs ?
Oui, la RDC peut battre l’Algérie. Non pas par miracle, mais par le jeu, la discipline et l’intelligence tactique. Les Léopards ont aujourd’hui une équipe structurée, confiante et consciente de ses forces. Ils ne partent pas favoris sur le papier, mais le football africain a souvent rappelé que le papier brûle vite. Comme en 2019, où les deux équipes s’étaient quittées sur un nul, ce duel s’annonce serré. La différence pourrait venir de la fraîcheur physique, de l’efficacité offensive et de la capacité à gérer la pression.
Sur ces aspects, la RDC a de solides arguments. Reste désormais à les confirmer sur le terrain. Car à ce stade de la CAN, les discours comptent peu : seules les armes réellement utilisées font la différence.
Junior Kulele


