Alors que les files s’allongent devant plusieurs stations-service de Kinshasa depuis le week-end, le gouvernement tente de reprendre le contrôle du narratif. À en croire les autorités, il n’y a tout simplement pas de pénurie. La ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a formellement démenti toute rupture d’approvisionnement, appelant les Kinois au calme face à ce qu’elle qualifie de rumeurs persistantes.
Pour appuyer sa position, la ministre s’est rendue dans les installations de SEP Congo, situées dans la commune de la Gombe, où elle a échangé avec les responsables techniques sur l’état des stocks et la chaîne logistique. Sur place, le directeur général, Malick Ndiaye, s’est voulu rassurant : les réserves sont jugées suffisantes, aussi bien en essence qu’en gasoil, et la couverture des besoins nationaux serait pleinement assurée.
Mais sur le terrain, le contraste est frappant.
Depuis plusieurs jours, de longues files d’attente s’observent dans différentes stations-service de la capitale. Une situation qui alimente la méfiance et nourrit les inquiétudes d’une population déjà sous pression. Face à cette psychose, la ministre insiste sur un message d’apaisement : « Il n’y a pas de problème de carburant à Kinshasa ni à l’intérieur du pays. Les stocks sont disponibles et la couverture est assurée. Les files d’attente ne résultent pas d’un manque de carburant, mais de rumeurs. La population doit garder son calme. »
Pourtant, dans plusieurs stations, des pratiques controversées sont dénoncées. Des pompistes privilégieraient la vente aux clients munis de bidons, parfois au détriment des automobilistes, avec des paiements informels allant de 2 000 à 5 000 francs congolais selon les volumes. Une dérive qui accentue le sentiment d’une pénurie « organisée » plutôt que réelle.
Entre spéculations, désorganisation du circuit de distribution et climat international tendu notamment autour des crises géopolitiques influençant le marché pétrolier, la confusion persiste. Pendant ce temps, les conséquences sont déjà visibles : flambée des prix du transport, raréfaction du carburant dans certains points de vente et exaspération croissante des usagers.
Dans ce contexte, les Kinois attendent désormais des mesures concrètes pour rétablir l’ordre dans la distribution et mettre fin à ce qu’ils perçoivent comme une crise artificielle en pleine expansion.
Elrick Elesse


