La capitale française se prépare à accueillir ce jeudi une Conférence internationale de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, un rendez-vous diplomatique majeur coorganisé par la France et le Togo, ce dernier agissant en tant que médiateur mandaté par l’Union africaine. L’objectif de cette rencontre : mobiliser la communauté internationale face à l’urgence humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et encourager la relance des efforts de stabilisation et de développement économique dans l’ensemble de la région.
Selon Jérémy Robert, conseiller Afrique du président français Emmanuel Macron, la conférence réunira plusieurs chefs d’État et partenaires internationaux directement impliqués dans la recherche d’une solution durable à la crise. « Le président Félix Tshisekedi, à la tête du pays le plus affecté par la crise, sera présent, de même que le président togolais Faure Gnassingbé, médiateur de l’Union africaine. D’autres acteurs clés du processus de paix, ainsi que des ministres des pays de la région et des bailleurs de fonds, prendront également part aux échanges », a-t-il précisé lors d’un point de presse mardi à Paris.
L’Union européenne sera représentée par sa haute représentante pour les affaires étrangères, tandis que la France réaffirmera son rôle de partenaire actif dans la réponse à la crise humanitaire et sécuritaire. Des sources diplomatiques confirment que les présidents Évariste Ndayishimiye (Burundi) et Paul Kagame (Rwanda) ont également été invités par le président Emmanuel Macron. Leur présence, encore non confirmée, constituerait un signal fort pour relancer le dialogue régional, souvent fragilisé par les tensions persistantes entre Kigali et Kinshasa.
Outre les dirigeants africains, la conférence verra la participation d’acteurs internationaux de poids, notamment les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine, qui jouent tous un rôle actif dans les négociations en cours. Cette rencontre ne se limitera pas à la seule question sécuritaire. Elle ambitionne aussi de favoriser l’intégration économique régionale, considérée comme un levier durable de stabilité. Les discussions devraient ainsi aborder les projets transfrontaliers, les infrastructures régionales et les investissements verts, en synergie avec le Forum de Paris sur la Paix, qui se tiendra en marge de la conférence.
L’objectif est clair : replacer la région des Grands Lacs au cœur de l’agenda international en faveur d’une paix durable fondée sur la coopération économique et la gouvernance partagée. Pour le président congolais Félix Tshisekedi, cette conférence est une tribune diplomatique cruciale. Alors que l’est de la RDC demeure en proie à une insécurité chronique, Kinshasa espère obtenir un soutien accru de la communauté internationale, tant sur le plan humanitaire que militaire.
Quant à Faure Gnassingbé, il s’affirme de plus en plus comme le pivot diplomatique africain du processus de médiation, sous l’égide de l’Union africaine. Son rôle de facilitateur dans les pourparlers régionaux est salué par plusieurs partenaires occidentaux, qui voient dans cette approche inclusive un espoir de désescalade durable.
En réunissant à Paris des dirigeants africains, européens et arabes autour d’un même objectif, la France veut redonner une cohérence aux initiatives de paix souvent dispersées dans la région des Grands Lacs. Cette conférence s’annonce donc comme un moment charnière pour relancer la confiance entre les acteurs et réaffirmer la solidarité internationale envers les populations affectées par des années de conflit.
Si les attentes sont élevées, le défi reste immense : transformer les engagements diplomatiques en actions concrètes, capables de ramener la paix et la prospérité dans une région qui en a cruellement besoin.
La rédaction de b-onetv.cd


