À Pointe-Noire, capitale économique tournée vers l’Atlantique, les premières affiches géantes s’élèvent le long des grandes artères. Les camions-sono se préparent, les états-majors affûtent leurs messages. Ce samedi 28 février marque l’ouverture officielle de la campagne présidentielle au République du Congo, en vue du scrutin prévu le 15 mars.

Au centre de toutes les attentions : le président sortant, Denis Sassou Nguesso, 82 ans, figure dominante de la vie politique congolaise depuis plusieurs décennies. Début février, il a annoncé sa candidature pour un nouveau mandat de cinq ans, présenté comme le dernier autorisé par la Constitution en vigueur. Son parti, le Parti congolais du travail (PCT), donne le ton dès l’ouverture avec un grand rassemblement dans la ville pétrolière du sud du pays.
Fort de ses victoires en 2002, 2009, 2016 et 2021, ces deux dernières rendues possibles après une réforme constitutionnelle supprimant notamment la limite d’âge. Denis Sassou Nguesso aborde cette campagne en position de favori. Ses partisans promettent une nouvelle « vague » électorale en faveur de celui qu’ils présentent comme le garant de la stabilité nationale, dans un pays marqué par la guerre civile des années 1990 et situé au cœur d’une région souvent traversée par des crises sécuritaires.
Face à lui, six candidats sont officiellement en lice. Parmi eux, Destin Davet, près de 35 ans, figure montante et plus jeune prétendant, qui tente pour la première fois l’aventure présidentielle sous la bannière du Mouvement républicain. D’autres candidats, comme Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, Anguios Nguangui Engambé, Dave Mafoula, Mabio Mavoungou Zinga ou encore Vivien Romain Manangou, complètent l’affiche électorale.

La période électorale s’étendra sur deux semaines, jusqu’au 13 mars à minuit. Dans les rues de Brazzaville comme à Pointe-Noire, l’effervescence monte progressivement : installation de panneaux d’affichage, mobilisation des militants, déploiement logistique des équipes de campagne.
Mais au-delà de l’animation politique, un constat s’impose : cette présidentielle s’inscrit davantage dans une logique de continuité que dans celle d’un basculement. Sauf surprise majeure, le scrutin du 15 mars devrait confirmer l’ancrage durable du président sortant à la tête du pays.
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