Lors de la rencontre multilatérale organisée ce mercredi au port de Lobito, réunissant les présidents Joe Biden (États-Unis), João Lourenço (Angola), Félix Tshisekedi (RDC) et Hakainde Hichilema (Zambie), le chef de l’État congolais a mis en lumière l’importance stratégique du Corridor de Lobito. Ce projet, soutenu par les États-Unis, est conçu pour transformer la région grâce à une intégration économique accrue.

Dans son allocution, le président Tshisekedi a souligné que la paix et la sécurité demeurent des conditions sine qua non pour garantir le succès de cette initiative ambitieuse, qui promet de relier les régions minières de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito via un corridor ferroviaire.
Un axe d’intégration régionale et de transformation économique
Présenté comme un « moteur de transformation économique et sociale », le Corridor de Lobito, long de 1 739 kilomètres, est destiné à transporter jusqu’à 20 millions de tonnes de marchandises par an d’ici 2030. Ce projet, selon Félix Tshisekedi, n’est pas seulement une infrastructure logistique, mais aussi un vecteur de prospérité collective pour les populations de la RDC, de l’Angola et de la Zambie.

« Le Corridor de Lobito symbolise notre volonté collective de convertir le potentiel de nos pays en une prospérité tangible, en favorisant une interdépendance harmonieuse où nos économies pourront s’épanouir mutuellement », a déclaré le président congolais. Il a également rappelé que ce corridor offre une alternative stratégique aux autres routes d’exportation, tout en réduisant les coûts logistiques et en augmentant les recettes d’exportation de la RDC, notamment pour le cuivre et le cobalt, essentiels à la transition énergétique mondiale.
Un impact humain et économique considérable
Au-delà des infrastructures, l’impact humain est majeur. Le Corridor de Lobito pourrait créer plus de 30 000 emplois directs et indirects, réduire les délais de transit des marchandises de plus de 30 jours à moins de 10 jours, et stimuler le commerce intra-africain, conformément à l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Pour la RDC, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser les infrastructures ferroviaires, routières et portuaires du pays, tout en promouvant la transformation locale des ressources naturelles pour maximiser leur valeur ajoutée.
Paix et sécurité : des priorités incontournables

Le président Tshisekedi a insisté sur le fait que la paix et la sécurité sont les piliers du développement durable dans la région. Il a salué le rôle de l’Angola dans les efforts de pacification, tout en réaffirmant l’engagement de la RDC à restaurer la paix dans l’Est du pays. « La sécurité constitue la pierre angulaire de tout développement durable. Nous devons œuvrer ensemble pour garantir un climat de stabilité qui permette à nos populations de bénéficier pleinement des retombées de ce projet », a-t-il ajouté.
Une vision partagée avec les États-Unis
En marge de cette rencontre, Félix Tshisekedi a tenu une réunion bilatérale avec le président américain Joe Biden, axée sur les moyens de renforcer le partenariat stratégique entre leurs deux pays. Les États-Unis, qui ont investi plus de 4 milliards de dollars dans le Corridor de Lobito, continuent de jouer un rôle crucial dans la réalisation de cette vision régionale d’intégration économique et de transformation sociale.

Le Corridor de Lobito incarne ainsi un modèle d’intégration africaine, où infrastructures, paix et développement durable convergent pour construire un avenir prospère pour les populations de la région.
La rédaction de b-onetv.cd


