Après le choc, place aux premières investigations. Le gouvernement congolais a décidé d’engager une procédure judiciaire pour faire la lumière sur le crash aérien survenu vendredi 25 septembre à Kenge, dans la province du Kwango, qui a coûté la vie à 17 personnes selon le ministère de la Justice. Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire préliminaire afin d’établir les faits, de déterminer les circonstances du drame et d’en rechercher les causes.
Dans une injonction datée du 26 septembre, le ministre a demandé au Premier Avocat général des Forces armées de la République démocratique du Congo d’ouvrir « sans délai » cette procédure, en application du principe d’extension de compétence et dans le cadre de ses attributions. L’enquête devra notamment permettre de déterminer les circonstances précises dans lesquelles l’appareil s’est écrasé et d’établir d’éventuelles responsabilités, conformément aux lois et règlements en vigueur.
Le crash a notamment endeuillé la justice militaire congolaise. Parmi les victimes figurent le lieutenant-général Mutombo Katalay Tiende Joseph, Premier président de la Haute Cour militaire, et le lieutenant-général Likulia Bakumi Lucien René, Auditeur général des FARDC. Les deux officiers généraux revenaient d’une mission de service effectuée à Kikwit, dans la province du Kwilu, avant de prendre place à bord de l’appareil à destination de Kinshasa.
Les Forces armées congolaises ont confirmé leur décès ainsi que celui d’autres membres de la délégation et de l’équipage. La disparition simultanée de ces deux hauts responsables intervient alors que la justice militaire est engagée dans plusieurs dossiers liés à la situation sécuritaire du pays. Selon les informations communiquées par Tryphon Kin-kiey Mulumba, président du conseil d’administration de la Régie des voies aériennes (RVA), l’appareil accidenté était un Let-410 de la compagnie Tracep, immatriculé 9S-GUC et basé à l’aéroport de Kinshasa-Ndolo.
L’avion effectuait une rotation Ndolo-Kikwit-Ilebo-retour. Il transportait 16 personnes, dont quatre membres d’équipage, selon les premières informations communiquées par le PCA de la RVA. Parti de Kikwit à 11 h 45, l’appareil s’est écrasé aux environs de 13 h 14 à Kenge alors qu’il se dirigeait vers Kinshasa. Aucun survivant n’a été retrouvé. Toujours selon Tryphon Kin-kiey Mulumba, le vol n’avait pas été coordonné au départ par Kikwit et la tour de contrôle de N’Djili n’aurait été informée qu’à 14 heures par l’aéroport de Ndolo.
Ces éléments devront désormais être confrontés aux données techniques et aux témoignages recueillis dans le cadre de l’enquête. Au-delà de la procédure judiciaire, les autorités ont également engagé les opérations nécessaires à la sécurisation du site de l’accident. Les services de sécurité et les services techniques ont été chargés de préserver les éléments susceptibles d’éclairer les circonstances du crash. Ils doivent également contribuer à l’identification des victimes et à la collecte des informations utiles aux investigations.
L’ouverture de cette enquête marque ainsi le début d’un processus destiné à reconstituer les dernières heures du vol et à déterminer ce qui s’est réellement produit avant l’impact à Kenge. Les conclusions des investigations sont désormais attendues pour établir les causes précises de cette tragédie aérienne.


