L’ancien président kényan, Uhuru Kenyatta, facilitateur du Processus de Nairobi visant à restaurer la paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a récemment présenté un rapport actualisé sur la situation aux secrétariats de l’Union africaine (UA), de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Ce rapport sera au centre des discussions lors du sommet conjoint de la SADC et de l’EAC, prévu à Dar es Salaam les 7 et 8 février 2025, ainsi que lors de la 37e session ordinaire de l’Union africaine ce mois-ci.

Le Processus de Nairobi, lancé en 2021/2022 sous l’égide de l’EAC, vise à rétablir la paix et la stabilité en RDC à travers deux piliers principaux :
Dialogue politique : Impliquer les groupes armés, les factions politiques, la société civile et les partenaires régionaux dans des discussions inclusives pour une résolution durable du conflit.
Intervention militaire : Déploiement de la Force régionale de l’EAC (EACRF) pour assurer la stabilisation sur le terrain.
Jusqu’en juin 2023, des progrès notables ont été réalisés grâce aux efforts diplomatiques du facilitateur Kenyatta, notamment des pourparlers avec les groupes armés, des actions de renforcement de la confiance avec des organisations civiles et féminines, et l’organisation de sommets pour désamorcer les tensions.
Cependant, la 4e Conférence du Dialogue Intra-Congolais, prévue en juin 2023, a été compromise par les préparatifs des élections nationales congolaises de décembre 2023, freinant le processus. La situation s’est aggravée avec le retrait des forces kényanes de l’EACRF, affaiblissant la coopération militaire et permettant une résurgence des combats.
Depuis la formation du nouveau gouvernement congolais en 2024, la relance du Processus de Nairobi s’avère complexe. L’absence de dynamique politique et la recrudescence des violences au Nord-Kivu et au Sud-Kivu ont permis au M23 de reprendre des positions stratégiques, dont Goma, ravivant les hostilités dans la région.
Le facilitateur Kenyatta est convaincu que les processus de Luanda et de Nairobi offrent la meilleure opportunité de résolution et de sortie de crise dans l’est de la RDC. Ces deux initiatives sont complémentaires et interdépendantes. Seule une coordination étroite entre les négociations bilatérales entre le Rwanda et la RDC et le Dialogue Intra-Congolais permettra d’aboutir à une solution durable.
Il appelle à une cessation immédiate des hostilités pour faciliter l’accès humanitaire et à une résolution pacifique du conflit, soulignant la nécessité de ramener la RDC et le Rwanda à la table des négociations, tout en assurant un processus de dialogue interne structuré pour conduire la RDC sur le chemin de la paix.
La situation reste préoccupante, avec des combats violents ayant causé environ 3 000 décès en moins d’une semaine à Goma et l’avancée inquiétante des rebelles du M23/AFC. Le M23, soutenu par le Rwanda, a récemment capturé la ville de Nyabibwe dans la province du Sud-Kivu, malgré un cessez-le-feu qu’ils avaient déclaré. Les autorités congolaises accusent les rebelles de violer le cessez-le-feu et de recevoir l’assistance des Forces de défense rwandaises.
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a déclaré que son bureau surveille de près la situation en RDC, où des affrontements entre les forces armées congolaises et les rebelles du M23 ont entraîné des milliers de blessés et des centaines de morts, y compris des civils et des casques bleus. Il a souligné l’urgence et l’importance de l’enquête en cours sur les crimes présumés commis dans la province du Nord-Kivu depuis janvier 2022.
La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, et des efforts concertés sont nécessaires pour parvenir à une paix durable dans l’est de la RDC.
La rédaction de b-onetv.cd


