La province de l’Ituri replonge dans une spirale de violences, avec une recrudescence des affrontements signalée dans la localité de Bule, à l’est de Fataki. À l’origine de cette nouvelle flambée : la reprise des combats entre la Convention pour la révolution populaire (CRP) et les Forces armées de la RDC. Une insécurité persistante qui a contraint plusieurs organisations humanitaires à suspendre leurs opérations, laissant des centaines de milliers de civils sans assistance essentielle.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 100 000 nouveaux déplacés ont été enregistrés entre février et le 30 avril 2026, une donnée relayée par Médecins Sans Frontières (MSF). Face à l’ampleur de la crise, les humanitaires tirent la sonnette d’alarme et appellent à une mobilisation urgente.
Depuis fin 2025, la situation sécuritaire s’est fortement dégradée. Les populations civiles, premières victimes de cette instabilité, paient un lourd tribut : au moins 40 morts et 42 blessés ont été recensés. Les structures de santé sont débordées, tandis que les survivantes de violences sexuelles peinent à accéder à une prise en charge adaptée.

« Au cours de ma fuite, j’ai été touchée à la jambe par une balle perdue. Mon fils a également été blessé. Malgré la douleur, je l’ai porté sur mon dos et j’ai continué à avancer, parfois à quatre pattes. En chemin, des personnes m’ont secourue jusqu’au centre de santé de Salama, dans le camp de déplacés de Plaine Savo », témoigne une victime.
Ces déplacements massifs accentuent la pression sur un système de santé déjà fragile. La province compte désormais plus de 920 000 personnes déplacées, dont plus de 100 000 enregistrées depuis le début de l’année 2026, selon MSF.
Présente notamment à Plaine Savo, l’organisation déploie des équipes pour répondre aux urgences médicales. Mais elle prévient : les besoins dépassent largement les capacités actuelles. Son chef de programmes en Ituri, Sylvain Groulx, appelle les autorités congolaises à renforcer la protection des civils et à intensifier l’aide humanitaire. Faute de financements suffisants, la réponse reste encore limitée, alors même que la crise continue de s’aggraver.
Jehovani Mulumba


