La situation humanitaire au Burundi atteint un seuil critique, conséquence directe de l’intensification des combats dans l’est de la République démocratique du Congo, notamment au Sud-Kivu. Les affrontements impliquant la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon l’ONU, ont provoqué un afflux massif de réfugiés, malgré l’annonce controversée d’un retrait du groupe armé d’Uvira.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 84 000 Congolais ont franchi la frontière burundaise depuis début décembre. Ce nouvel afflux porte à plus de 200 000 le nombre total de réfugiés et demandeurs d’asile congolais présents au Burundi. L’agence onusienne alerte sur une crise humanitaire majeure, touchant particulièrement les femmes et les enfants, souvent arrivés épuisés, affamés et traumatisés.
Les centres de transit et sites d’accueil burundais sont largement saturés, certains dépassant 200 % de leur capacité. Le manque d’eau potable, de latrines et d’abris expose les réfugiés à de graves risques sanitaires, notamment le choléra. Pour désengorger les sites existants, les autorités burundaises ont ouvert un nouveau site à Bweru, dans la province de Ruyigi Buhumuza, où près de 21 000 personnes ont déjà été transférées, souvent dans des conditions précaires.
Un appel urgent à la solidarité internationale
Face à l’ampleur des besoins, le HCR lance un appel pressant aux bailleurs de fonds. L’agence sollicite 47,2 millions de dollars pour les quatre prochains mois afin de venir en aide à 500 000 déplacés internes en RDC et à 166 000 réfugiés dans les pays voisins, dont le Burundi. Sans financement rapide, prévient l’organisation, l’assistance humanitaire restera insuffisante.
En RDC, plus de 500 000 personnes ont été déplacées au Sud-Kivu, tandis que l’insécurité entrave l’accès humanitaire. Cette dégradation intervient alors que les accords de Washington, signés entre Kinshasa et Kigali sous l’égide des États-Unis, étaient censés consolider un cessez-le-feu. Sur le terrain, la situation s’est au contraire aggravée, nourrissant les accusations mutuelles et renforçant le risque d’une crise régionale durable.
Le HCR appelle à la fin des violences, au respect des engagements de paix et à un accès humanitaire sûr, dans un contexte déjà fragilisé par la réduction drastique des financements humanitaires, qui menace directement la survie de millions de personnes vulnérables.
La rédaction de b-onetv.cd


