Le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a réagi avec fermeté à la récente destitution du gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, par l’Assemblée provinciale. Dans une correspondance adressée au président de cette institution, il fustige une procédure entachée « d’irrégularités graves » et contraire aux principes élémentaires de la gouvernance institutionnelle.
Selon le vice-premier ministre, la plénière ayant abouti au vote de la motion de défiance contre le gouverneur s’est tenue en violation flagrante du droit et des bonnes pratiques démocratiques. « Cette séance s’est déroulée sans le moindre respect des principes fondamentaux du contradictoire, du droit de réponse, de la transparence, encore moins de la loyauté institutionnelle », déplore Jacquemain Shabani dans sa lettre. Le ministre réagit sur base du procès-verbal transmis à son cabinet, documentant le déroulement de cette séance parlementaire controversée.
Shabani rappelle qu’en septembre dernier, les gouverneurs et présidents des assemblées provinciales avaient pris part à un atelier national sur la stabilisation des institutions provinciales. Cet échange s’était conclu par la signature d’un acte d’engagement, invitant chaque entité à privilégier la stabilité politique dans l’intérêt du développement local. Pour le ministre de l’Intérieur, la démarche des députés provinciaux de la Tshopo viole clairement « l’esprit de cet acte ».
« Cette façon de faire n’est pas favorable en cette période critique où la nation demeure confrontée à une grave crise sécuritaire dans sa partie orientale », souligne-t-il. Dans sa correspondance, Jacquemain Shabani instructe le comité provincial de sécurité de la Tshopo à « prendre toutes les dispositions utiles pour garantir la stabilité des institutions ».
En parallèle, le ministère de l’Intérieur convoque à Kinshasa une réunion de concertation regroupant les membres des bureaux des assemblées provinciales et les gouverneurs. L’objectif : prévenir l’escalade des tensions institutionnelles observées dans plusieurs provinces du pays. Par cette sortie, le vice-premier ministre envoie un message clair : la stabilité des institutions provinciales demeure une priorité nationale, surtout dans un contexte sécuritaire et politique fragile.
La Tshopo, déjà marquée par plusieurs crises de leadership ces dernières années, se retrouve ainsi au centre d’un débat plus large sur la gouvernance provinciale et le respect des règles institutionnelles en République démocratique du Congo.
La rédaction de b-onetv.cd


