Il avait fait de sa guitare une arme contre la fatalité. De sa voix, un cri d’espérance.
De sa vie, une chanson que le monde entier a entendue. Léon Likabu Ricky, fondateur et âme du mythique groupe Staff Benda Bilili, s’en est allé. Kinshasa perd un symbole. Le monde, un artiste de lumière.

Né dans les rues de Kinshasa, Vieux Ricky a connu la dureté du quotidien. Marqué par la polio, il a choisi de transformer la douleur en mélodie. Autour de lui, il a rassemblé d’autres musiciens handicapés, frères d’armes et d’âme, pour former le Staff Benda Bilili — littéralement « regard au-delà des apparences ». Avec leurs guitares artisanales, leurs voix profondes et leurs rythmes enracinés dans la rumba congolaise, ils ont conquis les scènes du monde entier, de Kinshasa à Tokyo, de Paris à New York. Leur histoire, racontée dans le célèbre documentaire “Benda Bilili!”, a bouleversé la planète.

Avant la musique, Ricky était couturier.
Mais c’est la guitare qui lui a permis de recoudre les âmes. Chaque chanson portait un message : le courage, la dignité, la foi en la vie malgré tout. Son rêve : faire de Staff Benda Bilili le meilleur orchestre du Congo.
Et il y est parvenu, en prouvant qu’aucune faiblesse n’empêche la grandeur.
Dans un communiqué empreint d’émotion, le Ministère de la Culture, Arts et Patrimoine salue avec déférence la mémoire de Léon Likabu, dit Vieux Ricky. “Issu des rues de Kinshasa, il a incarné la résilience et la force d’un peuple. Son héritage musical continuera d’inspirer les artistes congolais à regarder au-delà des apparences.”

Vieux Ricky n’a pas seulement chanté : il a élevé la voix des oubliés. Il a fait du handicap une force, de la musique une révolution silencieuse, de sa vie un hymne à la dignité. Léon Likabu Ricky n’est plus, mais son souffle résonne encore dans les guitares du Staff Benda Bilili, dans les rues de Kinshasa, dans le cœur de ceux qui refusent de plier. Parce que Vieux Ricky n’a jamais cessé d’y croire : la vraie musique, celle qui guérit, ne meurt jamais.
Junior Kulele


