La signature récente de la Déclaration de principes entre le gouvernement congolais et le mouvement rebelle AFC/M23 à Doha, au Qatar, continue de faire réagir la classe politique congolaise. Cette fois, c’est la coalition Lamuka, dirigée par Martin Fayulu Madidi, qui est sortie de son silence.
Dans un communiqué officiel signé par Jean Félix Nsenga, la coalition exprime sa reconnaissance envers les gouvernements qatari et américain pour leur rôle actif dans le processus de médiation, tout en insistant sur des éléments jugés essentiels à l’aboutissement d’un accord de paix durable.
« La coalition politique Lamuka prend acte avec intérêt de la signature, à Doha, de la Déclaration de principes entre les représentants du Gouvernement de la RDC et ceux de l’AFC/M23, et exprime sa reconnaissance aux Gouvernements du Qatar et des États-Unis d’Amérique pour leur engagement et leur contribution active à l’avancement de ce processus », peut-on lire dans le document.
Mais au-delà de cette reconnaissance diplomatique, Lamuka insiste surtout sur la nécessité d’inclure certaines exigences fondamentales dans l’accord final, notamment : La mise en œuvre intégrale de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, en particulier ses points 2 et 4, qui appellent à des sanctions ciblées contre les groupes armés et à la protection des civils dans l’Est de la RDC ; L’exigence de justice pour tous les crimes commis dans cette région meurtrie, dans une logique de vérité, de réparation et de réconciliation nationale.
Lamuka appelle également à l’organisation d’un dialogue national inclusif, réunissant toutes les forces vives de la nation, sous la médiation conjointe de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et de l’ECC (Église du Christ au Congo), avec le concours de l’Union africaine. L’objectif : poser les bases d’un véritable consensus congolais autour de la paix et de la stabilité.
Autrefois dans une posture d’opposition frontale au régime de Félix Tshisekedi, Martin Fayulu Madidi, leader de Lamuka, a amorcé un rapprochement politique significatif. En juin dernier, il a officiellement exprimé son soutien au Président de la République, laissant entrevoir la possibilité d’une future coalition entre Lamuka et l’Union sacrée.
Un repositionnement stratégique qui, selon plusieurs observateurs, pourrait redessiner l’architecture politique en RDC, notamment dans la perspective de la gestion des questions de sécurité nationale et de réformes institutionnelles.
Elrick Elesse


