Alors que le pouvoir exclut toute participation de Joseph Kabila et de Corneille Naanga au futur dialogue national inclusif, Martin Fayulu défend une approche plus large. Pour l’opposant, ceux qui sont au cœur de la crise doivent être entendus afin de favoriser la vérité, la réconciliation et la paix. Le débat sur les futurs participants au dialogue national inclusif annoncé par le président Félix Tshisekedi est déjà lancé.
Depuis Paris, où il séjourne actuellement, Martin Fayulu a pris position en faveur de la participation de l’ancien président Joseph Kabila et de Corneille Naanga, deux personnalités que Kinshasa considère comme inéligibles à ce processus. Le leader de Lamuka estime qu’un dialogue censé apporter des solutions durables aux crises que traverse le pays ne peut se tenir sans ceux qui sont accusés d’en être des acteurs majeurs.
« Qu’ils viennent expliquer leur position »
Pour Martin Fayulu, Joseph Kabila demeure une figure incontournable de la vie politique congolaise en raison de son passé à la tête de l’État. L’opposant considère que les accusations portées contre l’ancien président concernant ses liens présumés avec l’AFC/M23 justifient justement sa présence à la table des discussions. Selon lui, un dialogue véritable doit permettre à chacun d’exposer ses motivations et de répondre aux interrogations qui alimentent la crise actuelle.
La même logique s’applique, à ses yeux, à Corneille Naanga. Ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), aujourd’hui associé à la rébellion de l’AFC/M23, il devrait également être amené à expliquer les raisons qui l’ont conduit à prendre les armes contre l’État congolais.
Un dialogue centré sur la réconciliation
Au-delà de la question des participants, Martin Fayulu appelle à définir clairement les objectifs du dialogue. Il souhaite que les assises soient orientées vers la recherche de la vérité, la justice, la réconciliation nationale et le renforcement de la cohésion entre les Congolais. Cette position s’inscrit dans la ligne défendue depuis plusieurs mois par la Coalition Article 64 (C64), qui réclame un cadre de discussions capable de répondre aux tensions politiques et sécuritaires que connaît le pays.
Tshisekedi promet de dévoiler les contours du processus
Ces déclarations interviennent au moment où le président Félix Tshisekedi s’apprête à préciser sa vision du dialogue national inclusif. En déplacement à Libreville, au Gabon, le Chef de l’État a annoncé qu’il s’adresserait prochainement à la Nation pour en définir les contours. Selon la Présidence de la République, le futur cadre de concertation se distinguera des précédents dialogues organisés en RDC. « Ce dialogue sera différent de tous les dialogues qu’a connus ce pays », a affirmé le Chef de l’État, sans toutefois dévoiler ni le calendrier ni les modalités du processus.
Une tension politique qui reste vive
L’annonce présidentielle intervient dans un contexte marqué par la montée des pressions de l’opposition. Après l’expiration de l’ultimatum adressé au pouvoir pour convoquer un dialogue national, la Coalition Article 64 a annoncé la reprise de ses activités de mobilisation.Une marche pacifique est notamment prévue le 15 septembre prochain à travers le pays.
À Kinshasa, les organisateurs entendent converger vers le Palais du Peuple, au moment de la rentrée parlementaire.À mesure que se précisent les contours du dialogue annoncé, une question demeure centrale : qui sera invité à prendre place autour de la table ? C’est autour de cette équation que se joue déjà une partie du débat politique congolais.
JK


