La résurgence de l’épidémie d’Ebola en Ituri suscite une vive inquiétude. Alors que 59 patients sont actuellement hospitalisés et que 91 décès probables ont déjà été recensés, les autorités sanitaires tentent d’accélérer la riposte pour éviter une propagation plus large du virus. En mission éclair à Bunia ce dimanche 17 mai, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a reconnu la gravité de la situation tout en rassurant sur les mesures engagées par le gouvernement.
« Le gouvernement ne peut pas laisser les populations se débrouiller seules face à cette situation », a déclaré le ministre après sa rencontre avec les autorités provinciales et sa visite du laboratoire de Bunia. L’un des principaux défis reste l’absence, jusqu’ici, de centres spécialisés opérationnels à Bunia, Rwampara et Mongbwalu, les zones les plus touchées par l’épidémie.
Face à l’urgence, le gouvernement annonce toutefois l’installation imminente de centres de traitement Ebola dans ces trois localités.
« Les sites sont déjà identifiés et les tentes ont été acheminées pour monter rapidement les centres de prise en charge », a précisé Roger Kamba. Selon le ministère, près de 350 cas suspects sont actuellement sous surveillance, tandis que les hôpitaux locaux commencent déjà à subir une forte pression.
Pour renforcer la riposte, plus de cinq tonnes de matériel médical ont été acheminées à Bunia à bord d’un vol humanitaire coordonné par l’Organisation mondiale de la Santé et ses partenaires. Le lot comprend notamment des équipements de protection, des kits médicaux, des tentes et du matériel destiné à la prise en charge des patients. La représentante de l’OMS en RDC, la Dre Anne Ancia, a appelé la population à collaborer avec les équipes sanitaires afin de limiter la propagation du virus.
Les autorités appellent à la vigilance
Le ministre de la Santé a également tenté de rassurer la population face à la peur entourant Ebola. « Ce n’est pas une maladie mystique. Plus vite le malade est pris en charge, plus vite on peut stopper la propagation », a insisté Roger Kamba. Pour l’instant, les écoles et universités restent ouvertes, en attendant une évaluation complète des risques par les autorités sanitaires.
Dans cette province déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements de populations, les équipes médicales poursuivent désormais les opérations de sensibilisation, le suivi des contacts et le renforcement des dispositifs de surveillance sanitaire.
JK


