Un mois après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo, le gouvernement affiche un optimisme prudent. Si les indicateurs de la riposte montrent des avancées encourageantes, les autorités sanitaires alertent toutefois sur plusieurs obstacles susceptibles de compromettre les efforts engagés sur le terrain.

Lors d’un briefing de presse conjoint animé ce lundi 15 juin avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, a dressé un état des lieux de la situation épidémiologique. Selon lui, les progrès enregistrés dans la prise en charge des malades sont réels et se traduisent notamment par une augmentation constante du nombre de personnes guéries.
« Nous avons des défis, mais la riposte avance. Officiellement, nous étions à 48 guéris hier. Trois autres personnes sont sorties aujourd’hui et d’autres le seront encore dans les prochains jours. Nous sommes désormais au-delà de 50 guéris », a-t-il indiqué.
Malgré ces signaux encourageants, l’épidémie continue de faire des victimes. Les chiffres communiqués par le ministère de la Santé révèlent que 808 cas ont été confirmés depuis le début de la flambée. Parmi eux, 363 patients sont actuellement placés en isolement pour leur prise en charge, tandis que le nombre de décès s’élève désormais à 192. Ces statistiques rappellent que, malgré les avancées observées, la bataille contre le virus reste loin d’être gagnée.
Au-delà des aspects médicaux, les autorités sanitaires se heurtent à une difficulté majeure : la méfiance persistante d’une partie de la population vis-à-vis de la maladie. Le Dr Samuel Roger Kamba a regretté que certaines communautés continuent de considérer Ebola comme une invention ou une manipulation du système de santé, compliquant ainsi les efforts de dépistage et de prise en charge précoce. « Ebola n’est ni une maladie imaginaire ni un phénomène mystique. C’est un virus réel, identifié et documenté depuis le premier jour », a insisté le ministre.
Face à cette situation, il a lancé un appel pressant aux leaders communautaires, aux chefs locaux et aux relais d’opinion afin qu’ils s’impliquent davantage dans les campagnes de sensibilisation. Pour le patron de la santé publique, la rapidité de la déclaration des cas demeure l’un des facteurs déterminants pour augmenter les chances de guérison et freiner la propagation du virus.
Autre sujet de préoccupation : la persistance des enterrements non sécurisés dans certaines localités affectées. Selon le ministre, ces pratiques continuent d’alimenter les chaînes de transmission du virus et représentent un risque majeur pour les familles ainsi que pour les communautés concernées. Le gouvernement entend ainsi renforcer les actions de sensibilisation et de mobilisation communautaire afin d’obtenir une adhésion plus large aux mesures sanitaires recommandées.
Si les centres de traitement enregistrent chaque jour de nouvelles guérisons, les autorités reconnaissent que la victoire contre Ebola ne dépend pas uniquement des moyens médicaux déployés. Elle passe également par un changement de comportement au sein des communautés. Un mois après le début de cette nouvelle flambée, le gouvernement estime que la riposte est sur la bonne voie. Mais pour transformer les progrès enregistrés en victoire durable, Kinshasa mise désormais autant sur la médecine que sur la sensibilisation des populations.
La rédaction de b-onetv.cd


