L’épidémie de maladie à virus Ebola continue de gagner du terrain en République démocratique du Congo. Le Bas-Uele vient de rejoindre les provinces touchées, portant à six le nombre de provinces concernées. Le bilan dépasse désormais 4 600 cas confirmés et 2 100 décès, faisant de cette flambée l’une des plus rapides jamais observées.
Le virus ne connaît décidément pas les frontières administratives. Après l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele, Ebola vient de faire son entrée dans le Bas-Uele. À Buta, chef-lieu de la province, le décès d’une personne infectée a confirmé la présence du virus et fait craindre de nouvelles contaminations parmi ses contacts.
Cette nouvelle extension géographique intervient alors que l’épidémie affiche déjà des chiffres vertigineux. Selon les dernières données rapportées, 4 665 cas confirmés et 2 184 décès ont été enregistrés. La province de l’Ituri reste l’épicentre, concentrant l’immense majorité des cas et des décès.
Mais le chiffre officiel pourrait ne représenter que la partie visible de l’iceberg. Africa CDC estime que la transmission aurait commencé plusieurs mois avant la déclaration officielle de l’épidémie, intervenue le 15 mai 2026. Cette hypothèse signifie que le virus aurait eu le temps de circuler dans les communautés avant même que les systèmes de surveillance ne donnent l’alerte.
C’est précisément cette dynamique qui inquiète le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya. Selon lui, la vitesse de progression de cette flambée dépasse largement celle observée lors de l’épidémie historique d’Afrique de l’Ouest. À ce rythme, sans accélération massive de la riposte, l’épidémie pourrait s’inscrire dans la durée et potentiellement dépasser les précédents records mondiaux.
La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs obstacles compliquent la riposte : mouvements importants de populations, insécurité, infrastructures sanitaires fragiles, difficultés d’accès à certaines zones et insuffisance du traçage des contacts. Des responsables sanitaires soulignent notamment qu’une proportion importante des nouveaux cas apparaît en dehors des chaînes de contacts déjà identifiées.
L’épidémie est provoquée par la souche Bundibugyo, une forme d’Ebola pour laquelle il n’existe actuellement pas encore de vaccin ni de traitement spécifiquement homologué. Des essais cliniques de vaccins et de traitements sont toutefois en cours.
L’arrivée du virus dans le Bas-Uele constitue donc un nouveau signal d’alarme. Elle montre surtout que l’épidémie ne reste plus confinée à son foyer initial et que chaque déplacement de population peut devenir un nouveau chemin pour le virus. Le compte à rebours est désormais lancé : contenir Ebola avant qu’il ne transforme plusieurs foyers locaux en une crise sanitaire nationale, voire régionale.
La rédaction de b-onetv.cd


