La peur a explosé ce matin à Rwampara, en Ituri. À une douzaine de kilomètres de Bunia, l’Hôpital Général s’est transformé en scène de tension après le décès d’un patient suspecté d’être atteint d’Ebola. Sous le choc, des proches du défunt ont tenté de récupérer le corps malgré les risques élevés de contamination. Très vite, la situation a dégénéré. Dans la panique et la confusion, plusieurs patients confirmés ou suspects ont pris la fuite du centre où ils étaient placés en observation.

Des tentes installées pour la riposte sanitaire ainsi qu’une partie du matériel médical ont été incendiées, fragilisant davantage le dispositif de lutte contre le virus dans cette zone déjà sous forte surveillance. Les équipes médicales alertent sur le danger d’un contact non protégé avec une personne infectée ou avec les dépouilles des victimes d’Ebola, rappelant que ce type d’exposition peut rapidement provoquer une nouvelle chaîne de transmission.
Au-delà de l’urgence sanitaire, les événements de Rwampara révèlent surtout le poids de la peur, de la désinformation et du manque de confiance autour de la maladie. Dans plusieurs communautés, les équipes de riposte se retrouvent désormais confrontées non seulement au virus, mais aussi à la colère et à la psychose.

Alors que les autorités tentent de retrouver les patients en fuite, la tension reste vive autour de cet hôpital devenu, en quelques heures, l’épicentre d’une crise à la fois sanitaire et sociale.
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