Premier cas d’Ebola détecté en France depuis le début de l’épidémie de souche Bundibugyo en RDC. Le patient est un médecin humanitaire ayant participé à la riposte en Ituri. Son diagnostic relance les interrogations sur les risques liés à la circulation internationale des personnels de santé mobilisés sur les zones d’épidémie. L’alerte a traversé les frontières. Plus d’un mois après que l’Organisation mondiale de la santé a classé l’épidémie d’Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo comme urgence de santé publique de portée internationale, un premier cas a été confirmé sur le territoire français.
Le patient n’est pas un voyageur ordinaire. Il s’agit d’un médecin humanitaire de l’ONG ALIMA, engagé dans la lutte contre Ebola en Ituri, l’une des provinces les plus touchées par cette 17e épidémie enregistrée en RDC. Selon les autorités congolaises, le praticien a exercé comme médecin-réanimateur au Centre de traitement Ebola de Rwampara entre le 22 mai et le 19 juin. À la fin de sa mission, il a quitté Bunia pour Kinshasa où il a séjourné plusieurs jours avant de s’envoler vers la France le 23 juin.
Aucun symptôme évocateur de la maladie n’avait été détecté au moment de son départ de la zone affectée ni lors de son passage dans la capitale congolaise. C’est seulement après son arrivée en France que le médecin, conscient de son exposition potentielle au virus, s’est présenté dans un établissement sanitaire où les analyses biologiques ont confirmé l’infection. Les autorités françaises assurent que toutes les procédures prévues pour ce type de situation ont été immédiatement déclenchées.
Le patient a été transféré dans un centre de référence spécialisé et placé dans une chambre à pression négative afin d’éviter tout risque de propagation. Son état est jugé stable. Les équipes médicales appliquent les protocoles de biosécurité les plus stricts, tandis qu’un dispositif spécifique de suivi des personnels humanitaires revenant des zones épidémiques a été renforcé. Les autorités rappellent également qu’une personne infectée par Ebola n’est contagieuse qu’à partir de l’apparition des symptômes et que la transmission nécessite un contact direct avec une personne malade ou des fluides biologiques contaminés.
À Paris comme à Kinshasa, l’heure est désormais au traçage. Une enquête épidémiologique a été ouverte afin d’identifier toutes les personnes ayant été en contact avec le médecin depuis son retour. En France, les cas contacts devront observer une période d’isolement à domicile de 21 jours sous surveillance sanitaire. De son côté, le gouvernement congolais a demandé une coopération étroite avec les autorités françaises afin de vérifier l’existence éventuelle de contacts à risque durant le séjour du praticien en RDC.
Face à cette situation, Kinshasa a également annoncé une mesure supplémentaire : toute personne revenant d’une zone touchée par Ebola devra désormais respecter un délai de surveillance de 21 jours avant tout déplacement national ou international. L’annonce suscite également des questions au sein de l’organisation humanitaire ALIMA. L’ONG affirme avoir mis en place dès le début de son intervention toutes les mesures de protection nécessaires pour sécuriser ses équipes médicales. Mais elle reconnaît parallèlement que l’origine exacte de cette contamination reste inconnue.
Dans un environnement marqué par une circulation active du virus, les responsables de l’organisation tentent désormais de comprendre dans quelles circonstances le médecin a pu être infecté malgré les dispositifs de prévention déployés sur le terrain. L’épidémie actuelle, provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, a été confirmée à la mi-mai après des analyses génétiques réalisées sur les prélèvements effectués en Ituri.
Cette variante demeure particulièrement préoccupante pour les autorités sanitaires internationales. À ce jour, aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique n’est disponible contre cette souche. Si les experts européens considèrent le risque de propagation au sein de la population générale comme très faible, la détection de ce cas en France rappelle que les épidémies locales peuvent rapidement devenir des enjeux mondiaux dans un contexte de mobilité internationale.
Entre vigilance sanitaire, coopération transfrontalière et protection des personnels de santé, ce premier cas exporté d’Ebola constitue un nouveau test pour les systèmes de surveillance mis en place depuis le début de la crise.
La rédaction de b-onetv.cd


