La page des nominations semble définitivement tournée : le gouvernement congolais opte pour l’élection des bourgmestres, maires des villes et conseillers urbains. Une correspondance officielle du Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo, adressée au président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), Denis Kadima Kazadi, vient acter cette volonté.
Datée du 20 juin, la lettre du VPM Shabani rappelle que cette instruction découle directement des orientations du Président de la République, Félix Tshisekedi, exprimées lors du 49ᵉ Conseil des ministres. Celui-ci a insisté sur la nécessité d’achever le cycle électoral en cours, en particulier à l’échelle des Entités Territoriales Décentralisées (ETD).
« Cette élection s’impose pour garantir une administration de proximité plus légitime, responsable et transparente », souligne la note ministérielle. Le ministre a en outre invité Denis Kadima à entrer rapidement en concertation avec les partenaires gouvernementaux concernés pour assurer une mise en œuvre efficace de ces scrutins attendus.
Pour rappel, la CENI avait publié le 25 janvier 2024 un calendrier réaménagé du processus électoral 2022-2027, à travers sa décision n°0066/CENI/AP/2024. Ce chronogramme prévoyait notamment la tenue des élections urbaines, municipales et locales pour le 11 avril 2024. Cependant, aucun de ces scrutins n’a été organisé à ce jour, malgré les engagements pris.
Cette absence de mise en œuvre a nourri critiques et frustrations au sein de la société civile et des formations politiques, qui dénoncent le non-respect des échéances électorales, essentielles à la consolidation démocratique à la base. L’organisation d’autres élections a également connu des décalages notables. Les scrutins sénatoriaux, initialement prévus pour le 31 mars 2024, n’ont eu lieu que le 29 avril, couplés à ceux des gouverneurs et vice-gouverneurs, eux-mêmes décalés du 7 avril.
Malgré ces ajustements, cinq provinces n’ont toujours pas pu tenir leurs scrutins : Nord-Kivu, Équateur, Kwilu, Maï-Ndombe, Ituri et Nord-Ubangi. Les raisons invoquées varient entre l’insécurité persistante et l’absence d’installation des bureaux définitifs dans les assemblées provinciales concernées.
L’instruction du VPM Shabani marque donc une relance officielle du processus électoral local, jugé fondamental pour renforcer la décentralisation et la gouvernance locale. Elle place la CENI face à ses responsabilités, dans un contexte où le gouvernement cherche à restaurer la crédibilité de la feuille de route électorale.
La balle est désormais dans le camp de Denis Kadima et de son équipe. Reste à savoir si les conditions techniques, financières et sécuritaires seront rapidement réunies pour permettre la tenue de ces scrutins dans l’ensemble des entités concernées.
Elrick Elesse


