Alors que l’Est de la République démocratique du Congo reste en proie à une violence chronique, la Chine a appelé mercredi 15 avril la communauté internationale à exercer des pressions concrètes pour obtenir un cessez-le-feu effectif dans la région. Cet appel a été formulé par Sun Lei, représentant permanent adjoint de la Chine auprès des Nations Unies, lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la région des Grands Lacs.
« En l’absence d’un cessez-le-feu réel et longtemps attendu, la communauté internationale doit exhorter toutes les parties à appliquer les résolutions du Conseil de sécurité, à honorer pleinement leurs engagements en matière de trêve et à éviter toute action susceptible d’aggraver la situation », a déclaré le diplomate chinois.
Pékin salue par ailleurs les efforts de médiation menés sous l’égide de l’Union africaine et réaffirme son soutien au rôle central de l’UA dans la recherche d’une solution durable à la crise dans l’Est de la RDC.
Un appel à la coopération régionale et au dialogue
Dans son intervention, Sun Lei a souligné que la région des Grands Lacs, cœur du continent africain, recèle d’immenses ressources naturelles et d’un fort potentiel de développement. Toutefois, a-t-il prévenu, la paix et la prospérité ne pourront advenir qu’à travers le respect mutuel, le dialogue, la réconciliation et la solidarité entre les pays de la région, avec l’appui de la communauté internationale.
« Il est normal que des pays voisins aient des divergences, mais l’escalade et le recours à la force ne peuvent pas les résoudre durablement », a-t-il insisté, appelant à une vision de sécurité commune, globale, coopérative et durable.
Lien entre exploitation minière illégale et conflit armé
L’envoyé chinois a également mis en lumière l’un des moteurs profonds de l’instabilité chronique dans la région des Grands Lacs. Selon lui, les troubles prolongés ne découlent pas seulement de défis sécuritaires immédiats, mais aussi de déficits de gouvernance et de développement, en particulier de l’imbrication entre l’exploitation minière illégale et les activités des groupes armés.
« Une approche à long terme est nécessaire pour aider les pays de la région à surmonter la faiblesse de leur gouvernance et le sous-développement, tout en améliorant les conditions de vie et la cohésion nationale », a-t-il plaidé.
Sun Lei a ainsi invité la communauté internationale à soutenir une coopération mutuellement bénéfique dans le secteur des ressources minérales, à lutter contre l’exploitation et la contrebande illégales, et à garantir que les interventions extérieures dans l’exploitation des ressources demeurent ouvertes, inclusives et transparentes, sans politisation des enjeux miniers.
La Chine réaffirme son engagement
En conclusion, le diplomate chinois a rappelé que la Chine a toujours accordé la priorité à la paix, à la stabilité et au développement dans la région des Grands Lacs, et que son pays est prêt à œuvrer avec toutes les parties pour approfondir une coopération mutuellement bénéfique et soutenir une paix et une prospérité régionales durables.
Cet appel intervient alors que les combats se poursuivent dans le Nord-Kivu et l’Ituri, et que les efforts diplomatiques s’intensifient pour tenter de relancer un processus de paix crédible entre Kinshasa et les groupes armés actifs dans l’Est de la RDC.
Ngubaa Yambushi Danny


