La crise humanitaire continue de s’aggraver dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon le dernier rapport du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations-Unies (OCHA), plus de 1,6 million de personnes ont été forcées de fuir leurs foyers depuis janvier 2025, portant le nombre total de déplacés internes à près de 5,3 millions à travers le pays.
D’après l’OCHA, 68 % des nouveaux déplacements sont liés aux attaques et affrontements armés, principalement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Ces trois provinces concentrent à elles seules 86 % des déplacements récents, avec une répartition estimée à 33 % pour le Sud-Kivu, 30 % pour le Nord-Kivu et 23 % pour l’Ituri. Les violences impliquent principalement les rebelles de l’AFC/M23, les milices locales dites wazalendo et les forces gouvernementales (FARDC). La persistance des combats laisse craindre une aggravation de la crise humanitaire dans les semaines à venir.
Les femmes représentent 51 % des personnes déplacées, souligne l’OCHA. La majorité d’entre elles vivent dans des conditions précaires, sans accès suffisant à l’eau potable, aux soins de santé et à l’éducation pour leurs enfants. Les camps de fortune, souvent saturés, deviennent le seul refuge face à une insécurité persistante.
Les affrontements récents dans le territoire de Masisi ont provoqué de nouveaux déplacements massifs. Depuis le 14 septembre, des milliers de personnes ayant fui les combats entre l’AFC/M23 et les wazalendo dans le groupement de Bashali Mokoto sont cantonnées à Mutongo et Manyema, dans le territoire de Walikale. Le 20 septembre, les rebelles de l’AFC/M23 ont par ailleurs sommé les habitants de plusieurs villages – dont Minjenje, Malemo (Masisi) et Mpety (Walikale) – de quitter immédiatement leurs localités, désormais considérées comme zones de combat.
Si l’OCHA note que 99 % des retours enregistrés depuis janvier ont eu lieu dans ces mêmes provinces (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri), ces retours demeurent fragiles et temporaires. Les affrontements récurrents compromettent toute perspective de stabilisation durable.
La communauté humanitaire alerte sur l’urgence d’un soutien accru pour répondre aux besoins croissants des déplacés, tandis que la poursuite des combats continue d’alimenter l’instabilité dans cette région stratégique de la RDC.


