La République démocratique du Congo a retenu son souffle… puis l’a relâché à l’unisson. Ce lundi 4 mai 2026, des milliers de salles de classe ont vibré au rythme d’un silence chargé de tension, celui des grandes échéances. À travers tout le pays, plus d’un million de finalistes ont ouvert la première page de leur avenir en planchant sur l’épreuve de dissertation, acte inaugural des hors-sessions de l’Examen d’État.
À Kinshasa, le signal de départ a été donné à l’école Les Loupiots par la ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga. Un geste protocolaire, mais hautement symbolique : celui qui lance officiellement la grande messe éducative nationale. Comme le veut la tradition, la dissertation a ouvert le bal. Une épreuve redoutée et respectée, où l’élève n’est plus seulement candidat, mais penseur. Ici, il ne s’agit pas de réciter, mais de construire. D’analyser, d’argumenter, de convaincre.
Les sujets, gardés sous scellés jusqu’aux dernières minutes, ont été révélés dans les centres sans qu’aucune fuite ne soit signalée, signe d’une organisation maîtrisée. Les chiffres donnent la mesure de l’événement : 1 079 675 candidats pour le cycle long, dont 44,7 % de filles et 55,3 % de garçons, répartis dans 3 268 centres à travers le territoire national et au-delà des frontières. À cela s’ajoutent 6 200 candidats du cycle court professionnel, répartis dans 250 centres.
Une mobilisation humaine et logistique impressionnante, avec une moyenne de 330 candidats par centre pour le cycle long. Cette édition 2026 enregistre une légère hausse par rapport à l’année précédente, preuve que l’école congolaise, malgré les défis, continue de tenir debout et d’avancer. Mais derrière cette apparente normalité, certaines zones ont composé avec des réalités bien plus complexes. Dans l’Est du pays, notamment au Nord-Kivu, l’examen s’est déroulé sous haute vigilance.
Plus de 9 500 candidats ont pris part à l’épreuve, y compris dans des zones fragilisées par l’insécurité. À Beni, 6 300 finalistes ont été répartis dans 18 centres, tandis qu’au Sud-Kivu, les dispositifs étaient prêts depuis plusieurs jours. Malgré ce contexte, les autorités assurent que toutes les dispositions ont été prises pour garantir le bon déroulement des épreuves. Une démonstration de résilience, où l’éducation s’impose comme un acte de résistance face à l’adversité.
Le calendrier se poursuit dès ce mardi 5 mai avec les épreuves techniques traditionnelles. Les oraux de français s’étendront du 6 au 8 mai, avant les épreuves pratiques prévues du 10 au 17 mai. La session ordinaire, quant à elle, est fixée du 22 au 25 juin 2026. Présente sur le terrain, la ministre Raïssa Malu Dinanga a salué le travail des encadreurs et appelé les candidats à la sérénité : « Cet examen est une étape importante, mais pas une fin en soi. Je vous souhaite à tous du succès. »
Au terme de cette première journée, une certitude s’impose : la RDC vient d’écrire la première ligne d’un long texte national. Un texte fait d’efforts, d’espoir et d’ambition. Car au-delà des copies remises, c’est tout un pays qui, une fois encore, choisit de croire en l’intelligence de sa jeunesse.
Danny Ngubaa Yambushi


