Il est des jours qui séparent l’espoir de l’accomplissement, des jours où plusieurs années d’efforts se condensent en quelques heures d’examen. Fin d’une première journée ce lundi 22 juin où plus d’un million de jeunes Congolais ont franchi les portes des centres de passation avec, dans leurs cartables, bien plus que des stylos et des cahiers : ils y portent leurs rêves, leurs ambitions et parfois les sacrifices de toute une famille.
À travers le pays, la 59ᵉ édition de l’Examen d’État a officiellement débuté, ouvrant une étape décisive dans le parcours de centaines de milliers de finalistes. Durant quatre jours, jusqu’au 25 juin, 1 082 742 candidats du cycle long, dont 483 842 filles, seront soumis à l’épreuve nationale qui marque la fin des études secondaires et ouvre les portes de l’enseignement supérieur et universitaire. Répartis dans 3 267 centres de passation à travers le territoire national, ces élèves participent à l’un des plus grands rendez-vous éducatifs du continent africain.
Le lancement officiel de cette session ordinaire a été effectué à Lubumbashi, dans la province éducationnelle du Haut-Katanga 1, par la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu. À cette occasion, elle a rappelé la portée stratégique de l’éducation dans la construction de l’avenir du pays, conformément à la vision portée par les plus hautes autorités de la République.
Quarante-huit heures avant le début des épreuves, la ministre s’était adressée aux finalistes dans un message empreint d’encouragement et de responsabilité. Elle les avait invités à aborder cette étape avec « sérénité, confiance et intégrité », soulignant que la réussite ne repose pas seulement sur les connaissances acquises, mais également sur les valeurs qui accompagnent le parcours éducatif.
Dans un contexte où certaines régions du pays continuent de faire face à des défis sécuritaires, Raïssa Malu a également lancé un plaidoyer fort en faveur de la protection de l’école. « L’éducation doit demeurer un espace neutre, protégé et respecté », a-t-elle déclaré, estimant qu’aucun conflit armé ne saurait justifier qu’un enfant soit privé du droit de présenter ses examens dans le calme, la sécurité et la dignité.
L’édition 2026 confirme par ailleurs la modernisation progressive du système éducatif congolais. Après les avancées enregistrées lors de la précédente session, le processus de digitalisation des examens nationaux poursuit son déploiement. Cette évolution vise à renforcer la transparence, la traçabilité et l’efficacité dans la gestion des opérations liées à l’Examen d’État.
Au-delà des chiffres, cette session se distingue également par une progression encourageante de la participation féminine. Le taux de présence des filles est passé de 42,9 % en 2025 à 44,6 % en 2026. Une évolution qui témoigne des efforts consentis pour améliorer l’accès des jeunes filles à l’éducation et favoriser leur maintien dans le système scolaire jusqu’à la fin du cycle secondaire.
Parallèlement au cycle long, le jury national du cycle court professionnel participe également à cette édition avec 6 237 candidats répartis dans 252 centres à travers le pays. Pour les finalistes, ces épreuves représentent bien plus qu’un simple examen. Elles constituent le passage vers une nouvelle étape de leur vie, celle des études supérieures, de la formation professionnelle ou de l’insertion dans le monde du travail.
Pendant quatre jours, la RDC vivra ainsi au rythme des ambitions de sa jeunesse. Car derrière chaque numéro de candidat se cache une histoire, un rêve et l’espoir d’un avenir meilleur. Et c’est précisément dans ces salles d’examen que se dessine aujourd’hui une partie du Congo de demain.
La rédaction de b-onetv.cd


