Le football congolais s’apprête, une fois de plus, à entrer dans l’arène électorale. La Commission électorale de la Fédération Congolaise de Football Association (Fécofa) a rendu public un nouveau chronogramme pour les élections au sein de l’instance faîtière et de ses ligues nationales, relançant ainsi un processus longtemps paralysé par des contestations internes et des suspensions internationales.
C’est le deuxième rendez-vous électoral fixé par la commission, après l’échec du premier scrutin prévu en novembre 2023, avorté à la suite de plaintes et de contestations formulées par plusieurs ligues. Une crise institutionnelle qui avait poussé la Confédération Africaine de Football (CAF) à geler le processus en attendant un assainissement du cadre électoral.
Pour rappel, la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) avait instauré, le 24 avril 2023, un Comité de normalisation (Conor) à la tête de la Fécofa, initialement pour une durée de sept mois. Mais comme souvent dans l’histoire mouvementée du football congolais, le provisoire s’est éternisé.
Prolongé à plusieurs reprises, le Conor a aujourd’hui pour mission de gérer les affaires courantes et conduire le processus électoral jusqu’à l’installation d’un nouveau comité exécutif. Depuis la dernière reconfiguration, cette équipe est dirigée par Belinda Lutandila, chargée de piloter la transition vers un retour à la gouvernance normale.
Le nouveau chronogramme dévoilé par la Commission électorale s’articule autour de quatre dates clés : 9 mars : Élection à la Ligue Nationale de Football des Jeunes (LINAFJ); 10 mars : Élection à la Ligue Nationale de Football Féminin (LINAFF); 11 mars : Élection à la Ligue Nationale de Football (LINAFOOT); 11 avril : Élection des nouveaux membres du Comité exécutif de la Fécofa. Un véritable marathon électoral qui devra baliser la voie à une normalisation durable de l’instance dirigeante du football congolais.
Ces élections ne sont pas qu’un simple exercice administratif. Elles constituent un test de crédibilité et de maturité institutionnelle pour un football congolais souvent miné par des luttes de pouvoir, des contestations et des interventions extérieures. Le retour à une gouvernance élue, légitime et stable est une condition sine qua non pour restaurer la confiance des partenaires, des instances internationales et des supporters. Car sans institutions solides, même les performances sportives sur le terrain risquent de rester fragiles.
Après des années de normalisation, le football congolais joue désormais un match décisif en dehors du terrain : celui de la gouvernance, de la transparence et de l’unité.
Junior Kulele


