Le ton était ambitieux, le discours structuré et les promesses nombreuses. Face à la presse ce lundi à Kinshasa, Véron Mosengo-Omba a dévoilé sa vision pour la renaissance du football congolais. L’ancien secrétaire général de la Confédération Africaine de Football veut bâtir un football « profondément national et inclusif », capable de toucher les 26 provinces de la RDC sans laisser aucun club ni aucun talent sur le bord de la route.

« Aucun club, aucune province, aucun Congolais ne sera laissé de côté », a-t-il insisté, faisant de l’inclusion territoriale et de la formation des jeunes les piliers de son projet. Dans une salle attentive, le candidat a présenté un vaste programme de restructuration du football congolais estimé à 25,6 millions de dollars pour la période 2026-2030. Gouvernance, infrastructures, football de base, formation des entraîneurs, arbitrage, football féminin et compétitions nationales : Véron Mosengo promet une réforme en profondeur de la Fédération Congolaise de Football Association.
Le football féminin et les provinces au cœur du projet
L’un des axes majeurs de son programme concerne le football féminin, longtemps marginalisé dans le paysage sportif congolais. Le candidat prévoit une enveloppe de 3 millions de dollars destinée au championnat féminin, à la formation et à la structuration de cette discipline sur toute l’étendue du territoire national. Pour lui, le football doit devenir un outil d’unité nationale et d’égalité des chances.

« Nous croyons à un football qui forme avant de performer », a-t-il déclaré, promettant également une harmonisation des systèmes de formation dans les 26 provinces afin de détecter et encadrer les jeunes talents dès la base.
Le football, c’est toute ma vie
Au-delà du projet politique, Véron Mosengo a également laissé parler l’émotion. Revenant sur son enfance dans les communes populaires de Kinshasa, il a raconté ses débuts sur les terrains poussiéreux de Ngiri-Ngiri et Djili. « Le football a toujours été ma passion (…) le football, c’est toute ma vie », a-t-il confié. Une manière pour le candidat de rappeler qu’il ne se présente pas seulement comme un technocrate du sport africain, mais aussi comme un homme façonné par la culture footballistique congolaise.
VAR, descentes et transparence financière
Parmi les annonces fortes de cette conférence figure également la promesse d’introduire progressivement l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) dans la Linafoot. Un budget de 800 000 dollars est prévu pour moderniser l’arbitrage et renforcer la crédibilité des compétitions nationales. Autre réforme majeure : le retour effectif des descentes et montées dans les championnats.
« Si je suis élu, il y aura des descentes », a affirmé le candidat, estimant qu’un football compétitif ne peut exister sans mérite sportif réel. Sur le plan financier, Véron Mosengo promet également une gouvernance plus transparente avec des audits indépendants annuels, la publication des comptes de la FECOFA, la traçabilité des fonds FIFA et CAF ainsi qu’un comité interne de contrôle.
Les anciennes gloires rappelées au centre du jeu
Le candidat veut également réintégrer les anciennes légendes du football congolais dans le processus de reconstruction du sport roi. « Nonda et les autres ont une place importante dans le développement du football congolais », a-t-il déclaré, plaidant pour une meilleure implication des anciens internationaux dans l’encadrement, la formation et la transmission des valeurs sportives.

Un projet ambitieux sous le regard des sportifs congolais
Avec un budget annuel moyen estimé à 6,4 millions de dollars, Véron Mosengo affiche clairement son ambition : remettre le football congolais sur les rails après plusieurs années de turbulences institutionnelles et sportives.
Reste désormais à convaincre les électeurs de la FECOFA que cette vision ambitieuse peut réellement transformer le football congolais et permettre à la RDC de retrouver sa place parmi les grandes nations africaines du ballon rond.
Junior Kulele


