Le rideau tombe sur une parenthèse exceptionnelle du football congolais. Après deux années de gestion transitoire, la Fédération congolaise de football association entame une nouvelle phase de son histoire, entre espoirs de renouveau et défis persistants. Ce 15 avril marque officiellement la fin du mandat du Comité de normalisation (CONOR), instauré le 24 avril 2023 par la FIFA pour remettre de l’ordre au sein de la FECOFA.

À l’époque, la situation était critique : crise de gouvernance, blocages institutionnels, et suspension du processus électoral. La FIFA avait alors pris une décision forte en confiant les rênes du football congolais à une structure transitoire chargée de : gérer les affaires courantes, assainir l’administration, réviser les textes, et surtout, organiser des élections crédibles. Deux ans plus tard, la mission est officiellement bouclée.
Désormais, c’est Lily Tshimpumpu, secrétaire générale de la FECOFA, qui prend les commandes à titre intérimaire. Elle assurera la continuité institutionnelle jusqu’au 20 mai, date fixée pour l’élection du nouveau comité exécutif. Un moment décisif pour l’avenir du football congolais, appelé à tourner définitivement la page de la normalisation pour entrer dans une ère de gouvernance élue.

Le CONOR aura été marqué par deux figures : Dieudonné Sambi et Belinda Luntadila Nzunzi. Mais c’est surtout le départ de Belinda Luntadila qui symbolise la fin de cette transition. Dans une ambiance chargée d’émotion, elle a fait ses adieux au personnel de la fédération, revendiquant un bilan globalement positif.
Parmi les acquis mis en avant : la stabilisation administrative de la FECOFA, la relance de certaines compétitions nationales, le rétablissement de la crédibilité institutionnelle auprès des partenaires internationaux, et surtout, selon elle, la dynamique ayant conduit à la qualification historique de la RDC pour la Coupe du monde 2026.

Si le CONOR laisse derrière lui des avancées notables, tout n’a pas été parfait. Certains acteurs du football congolais pointent : une lenteur dans les réformes structurelles, des tensions persistantes entre dirigeants et clubs, et un manque de visibilité dans le développement du football local. La normalisation aura donc permis d’éviter le pire, sans pour autant résoudre tous les maux.
L’élection à venir s’annonce cruciale. Elle devra non seulement désigner un nouveau président, mais surtout redéfinir une vision claire pour le football congolais : professionnalisation des championnats, développement des jeunes talents, modernisation des infrastructures, et amélioration de la gouvernance. Les regards sont déjà tournés vers les potentiels candidats, dans un climat où transparence et crédibilité seront scrutées de près, tant au niveau national qu’international.

La fin du CONOR n’est pas seulement une clôture administrative. Elle marque un tournant. Entre héritage fragile et ambitions renouvelées, la FECOFA se retrouve face à ses responsabilités : transformer l’essai et bâtir un football à la hauteur du potentiel immense de la RDC. Le 20 mai ne sera pas qu’une élection. Ce sera un test de maturité pour tout un système.
Junior Kulele


