C’est une véritable mobilisation générale que le gouvernement congolais a lancée ce mardi autour des régies financières. Dans une salle du Centre financier de Kinshasa, le vice-premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a réuni les têtes pensantes des administrations fiscales, épaulé par le ministre des Finances Doudou Fwamba et le vice-ministre du Budget Elysée Bokumwana.
L’enjeu est clair : dessiner les contours d’un budget 2026 capable de répondre aux attentes d’un pays en pleine mutation.

Au cœur des échanges, les projections de recettes de l’année prochaine. Actuellement estimées à 9,9 milliards USD dans la loi de finances rectificative, elles devront franchir la barre des 11,7 milliards avant d’espérer atteindre les 13 milliards visés par Muzito.
« Nous devons d’abord sécuriser les recettes courantes et atteindre les 11,7 milliards, ensuite mettre en place des mécanismes efficaces pour dépasser ce seuil », a-t-il martelé devant ses collaborateurs.
Un objectif audacieux, mais présenté comme une étape nécessaire pour donner à l’État les moyens de financer les infrastructures scolaires, sanitaires, routières et assurer le bon fonctionnement des services publics.

Cette ambition budgétaire s’accompagne d’un rappel : le gouvernement entend protéger le pouvoir d’achat des Congolais. La baisse de la TVA sur plusieurs produits de première nécessité, décidée en septembre dernier, illustre cette volonté de soulager le quotidien des ménages.
Cependant, la réussite de cette stratégie repose aussi sur l’effort citoyen. « Le civisme fiscal doit être au rendez-vous. Les impôts, taxes et redevances sont le moteur qui permet à l’État d’avancer », a insisté Rolly Lengo, directeur de la DGPPB, appelant à une responsabilité partagée entre l’État et les contribuables.
En associant rigueur budgétaire, volonté politique et implication citoyenne, Kinshasa veut se donner les moyens de bâtir un budget 2026 à la fois réaliste et ambitieux.
Au-delà des chiffres, il s’agit pour le gouvernement de transformer les recettes en leviers de développement, afin de répondre aux besoins urgents de la population et d’inscrire la RDC sur la trajectoire d’une croissance inclusive.
Debhorah Ngwala


