Ce n’était pas qu’un match. C’était un symbole en mouvement, un message en crampons. À Kinshasa, le ballon rond a, le temps d’un après-midi, changé de langage pour parler d’égalité, de reconnaissance et de transmission. Longtemps enfermé dans une image masculine, le football s’ouvre désormais comme un espace d’expression pour toutes. Et c’est précisément ce virage que la Fondation Trésor Lualua a voulu incarner, en marge de la célébration des droits des femmes.

Sur la pelouse du Complexe sportif Ultras, dans la commune de la Gombe, figures influentes et anciennes gloires du football congolais ont partagé bien plus qu’un match : une vision. Aux côtés de la Fondation Marthe Kasalu, l’initiative s’est voulue fédératrice. Rassembler, honorer, mais surtout repositionner la femme comme actrice centrale de la société. Dans un pays où le sport reste un puissant levier social, le message était clair : l’égalité se joue aussi sur le terrain.
Derrière cette mobilisation, une intention plus intime se dessine. Pour Trésor Lualua, l’événement dépasse le cadre symbolique. Il s’inscrit dans une démarche presque spirituelle : solliciter la bénédiction des mères avant un rendez-vous sportif majeur. À quelques jours des barrages intercontinentaux pour la Coupe du Monde 2026, où la Équipe nationale de la RDC croisera le fer avec le vainqueur du duel Jamaïque–Nouvelle-Calédonie au Mexique, l’ancien international mise aussi sur la force invisible du soutien maternel. « Honorer nos mères, c’est aussi nous préparer », glisse-t-il en substance.
Dans cette ambiance électrique, où les différences se sont effacées au profit du partage, la voix de Yvonne Malembo est venue rappeler une exigence : celle de la discipline. Un message adressé aux jeunes filles, appelées à croire en leur place dans le sport et à s’y imposer avec rigueur. Le moment n’a pas été seulement sportif. Il a aussi été honorifique. La Fondation Fobidja a profité de l’occasion pour distinguer plusieurs figures, dont l’artiste comédien Charly Nongi Nzuzi, salué pour son engagement et son patriotisme.
Puis est venu le geste final. Simple, mais chargé de sens. Des pagnes remis aux mamans, comme une reconnaissance tangible. Car au fond, dans cette initiative, tout converge vers une conviction : le sourire d’une mère est une force, une bénédiction, un moteur. Et si le football peut porter ce message, alors il devient bien plus qu’un sport. Il devient un langage universel, au service d’une cause essentielle.
Jehovani Mulumba


