À Ottawa, le Forum International Congo-Canada a donné le ton d’une nouvelle dynamique entre la République Démocratique du Congo et le Canada. Bien plus qu’une simple rencontre diplomatique, ce rendez-vous économique a mis en lumière une ambition commune : bâtir une coopération fondée sur l’investissement, la transformation locale et le codéveloppement.
Face aux investisseurs et décideurs canadiens, la RDC a affiché une vision claire : tourner définitivement la page d’une économie limitée à l’exportation des matières premières brutes. Kinshasa veut désormais transformer ses richesses sur place, créer de l’emploi et devenir un acteur stratégique dans les chaînes de valeur mondiales.
Mines stratégiques, énergie hydroélectrique, agriculture industrielle et infrastructures modernes ont dominé les échanges. Le cobalt, le cuivre et le lithium congolais apparaissent aujourd’hui comme des ressources incontournables pour accompagner la transition énergétique et technologique mondiale. Pour rassurer les partenaires étrangers, les autorités congolaises ont également mis en avant plusieurs réformes destinées à améliorer le climat des affaires.
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a insisté sur la volonté du gouvernement de sécuriser les investissements et d’accélérer l’industrialisation du pays. De son côté, Barnabé Muakadi Muamba a présenté des mesures fiscales attractives visant à faciliter l’arrivée des capitaux étrangers. Mais le véritable visage de ce rapprochement Congo-Canada reste sans doute la diaspora congolaise.
Présente à Montréal, Toronto, Ottawa ou encore Calgary, cette communauté apparaît désormais comme un levier stratégique capable de connecter expertise canadienne et potentiel congolais. Entrepreneurs, ingénieurs, chercheurs et cadres congolais installés au Canada jouent aujourd’hui un rôle central dans le transfert de compétences, l’innovation et les opportunités d’affaires entre les deux pays.
À l’horizon 2028, avec le Sommet de la Francophonie prévu à Ottawa, Kinshasa entend également renforcer son influence au sein de l’espace francophone économique. Une chose semble désormais acquise : le partenariat entre la RDC, le Canada et sa diaspora entre dans une nouvelle dimension.
Patricia Panzu


