Après quatre semaines de perturbation dues aux combats entre les FARDC et le M23, les écoles de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, ont rouvert leurs portes ce lundi 17 février 2025. Toutefois, cette reprise reste partielle et fragile, marquée par la prudence des parents et la précarité des conditions de sécurité.
La réouverture est surtout effective dans les écoles primaires privées, qui ont rapidement remis en état leurs infrastructures, légèrement endommagées par les affrontements. Après des travaux de nettoyage et d’aménagement, les établissements ont pu reprendre leurs activités, mais avec des effectifs réduits. « Nous avons tout mis en œuvre pour accueillir les élèves dans un cadre sécurisé et propre. Mais nous constatons que de nombreux parents hésitent encore à les ramener », explique le directeur d’une école privée du centre-ville.
Malgré l’annonce de la reprise des cours, beaucoup de parents restent sceptiques face à la situation sécuritaire. Pour eux, le retour en classe de leurs enfants est un pari risqué tant que les tensions persistent. « Nous voulons que nos enfants poursuivent leur scolarité, mais nous ne pouvons pas les exposer au danger », confie une mère de famille. Face à ces incertitudes, plusieurs familles exilées dans d’autres villes, notamment à Kinshasa, plaident pour que le ministère de l’Éducation nationale facilite la réinscription de leurs enfants dans leurs lieux de refuge.
Dans le secteur public, la reprise est encore plus lente. Certaines écoles servent toujours de centres d’accueil pour les déplacés, rendant difficile la reprise des activités scolaires. D’autres établissements ont subi des dégâts plus importants et nécessitent des réparations avant de rouvrir. Alors que la ville tente de retrouver un semblant de normalité, l’éducation des enfants reste un défi majeur. La stabilité sécuritaire demeure la condition essentielle pour un retour complet des élèves en classe.
Les autorités locales et les partenaires éducatifs sont désormais appelés à trouver des solutions adaptées pour éviter que cette crise ne laisse une génération entière sur le banc de l’éducation.
Junior Kulele


