Le vice-gouverneur du Haut-Katanga, Martin Kazembe, a été officiellement notifié pour assurer l’intérim du gouverneur Jacques Kyabula Katwe, actuellement convoqué à Kinshasa par les autorités nationales. Cette décision, confirmée le 15 juillet 2025, fait suite à l’absence prolongée du gouverneur, attendu dans la capitale pour répondre à des propos jugés sensibles tenus lors d’un meeting politique.
Selon une source au ministère de l’Intérieur, le gouverneur Kyabula a invoqué des raisons de santé pour justifier son absence à la convocation lancée par le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani. Une justification que certains hauts responsables jugent non fondée : « Un télégramme est un ordre. Le gouverneur devait s’y conformer rapidement, mais il a choisi de se soustraire prétextant une maladie, alors que ce n’est pas le cas », a déclaré une source proche du dossier.
La convocation de Jacques Kyabula intervient à la suite de son discours tenu le 30 juin 2025, lors d’un rassemblement de l’Union sacrée à Lubumbashi, à l’occasion de la fête de l’indépendance. Le gouverneur y avait qualifié Joseph Kabila et Corneille Nangaa de « Congolais », appelant à ce que les différends soient réglés « en famille ». Si certains ont salué un discours d’apaisement, d’autres, au sein même de la majorité, y ont vu une forme d’ambiguïté voire une tentative de normalisation de figures politiques accusées de proximité avec des mouvements rebelles, notamment l’Alliance du Fleuve Congo (AFC) et le M23.
Dans un autre passage de son intervention, le gouverneur a désigné le Rwanda comme principal adversaire dans le conflit dans l’Est du pays — une position conforme à la ligne officielle de Kinshasa, mais qui a été éclipsée par ses propos jugés conciliants à l’égard de figures politiques en rupture avec le pouvoir.
Face à cette situation, Martin Kazembe prend temporairement les rênes de la province pour assurer la continuité de la gouvernance. La mesure reste provisoire, mais elle intervient dans un contexte de forte polarisation politique et de méfiance accrue au sein des cercles du pouvoir. Le Haut-Katanga, bastion politique stratégique du pays, reste sous étroite surveillance alors que les tensions politiques nationales se cristallisent autour de figures influentes de l’ancienne majorité et de nouveaux mouvements d’opposition.
Le sort de Jacques Kyabula pourrait dépendre de la suite donnée par les autorités à sa convocation, tandis que son absence prolongée pourrait fragiliser davantage sa position politique dans la province.
La rédaction de b-onetv.cd


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