La Ligue Congolaise de Lutte contre la Corruption (LICOCO) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à l’exploitation illégale de l’or dans la province du Haut-Uélé. Selon des informations recueillies par l’organisation, près de 80 machines excavatrices opèrent actuellement dans les territoires de Watsa (Beverendi et Moku) et de Faradje (Abinva, Makoro et Logo Doka), creusant d’immenses trous, détruisant les routes et dégradant les terres agricoles.
La LICOCO dénonce particulièrement l’utilisation massive de mercure et de cyanure, produits chimiques hautement toxiques qui polluent les rivières locales, rendant la pêche impossible et menaçant la santé des populations riveraines. « Ces pratiques criminelles perdurent depuis plusieurs années et continuent de ruiner l’environnement, l’économie locale et les moyens de subsistance des habitants », alerte l’organisation.
Face à cette situation, le gouverneur du Haut-Uélé a expulsé plus de 80 ressortissants chinois impliqués dans ces activités minières illégales. Cependant, cette initiative courageuse fait face à une forte résistance : certains acteurs politiquement influents exerceraient des pressions et menaces contre l’autorité provinciale pour freiner l’opération.
La LICOCO appelle le gouvernement central à soutenir cette lutte, en particulier le Vice-Premier ministre de l’Intérieur et le ministre de la Défense nationale, afin de mettre fin à la prédation des ressources naturelles. L’organisation recommande également : La suspension immédiate des agents de l’État complices de ces exploitations illégales ; La vigilance de la société civile locale pour dénoncer toute tentative de reprise clandestine des activités minières ; Une stratégie nationale ferme pour protéger les ressources congolaises et les droits des communautés locales.
« Nous encourageons le gouverneur du Haut-Uélé à poursuivre son action de protection de l’environnement, malgré les intimidations dont il est victime », conclut la LICOCO.
Elrick Elesse


