Dans une correspondance officielle adressée ce lundi à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le député national Matata Ponyo Mapon a dressé un tableau sombre des conséquences des pluies diluviennes qui se sont abattues sur la capitale du 04 au 05 avril. Tout en exprimant sa compassion aux familles endeuillées, l’élu a appelé à une réponse urgente, coordonnée et structurelle du gouvernement.

Selon lui, près de 35 personnes ont perdu la vie de manière provisoire dans cette catastrophe, tandis que de nombreux habitants ont été contraints d’évacuer leurs domiciles, parfois sans aucune assistance initiale. L’ancien Premier ministre souligne que la situation humanitaire et infrastructurelle reste critique.
Des infrastructures essentielles paralysées
Dans sa lettre, Matata Ponyo s’est particulièrement inquiété de l’impact sur les infrastructures stratégiques de la ville. Il indique que 14 communes sont actuellement privées d’eau potable, conséquence des dégâts enregistrés à la station de captage de la rivière N’djili.

La route nationale n°1, artère vitale reliant Matadi à Kinshasa, a été « quasiment coupée », selon ses termes, isolant temporairement la capitale de l’une de ses principales portes d’approvisionnement. De plus, le pont N’djili, qui relie le centre-ville à l’aéroport international de Ndjili, a été submergé, entraînant des perturbations majeures dans le trafic aérien, tant national qu’international.
Un appel à la transparence et à l’action
Dans un ton à la fois ferme et constructif, Matata Ponyo estime qu’il est impératif que le gouvernement informe la représentation nationale sur les mesures d’urgence mises en place, mais aussi sur les solutions durables pour prévenir de futures catastrophes naturelles. Il s’interroge notamment sur la résilience urbaine de Kinshasa, sur la gestion des zones inondables, la planification urbaine et la capacité du pays à faire face aux effets du changement climatique.
Le gouvernement rassure : aide en cours pour les familles sinistrées

De son côté, le gouvernement congolais a reconnu l’ampleur des dégâts et a assuré avoir mis en place une prise en charge alimentaire et sanitaire pour les familles affectées. Des sites comme le Stade Tata Raphaël ont été aménagés pour accueillir les sinistrés, tandis que des moyens logistiques et médicaux sont déployés pour répondre aux besoins urgents.
Toutefois, cette réponse ponctuelle ne saurait suffire à apaiser les interrogations sur la prévention, la gestion urbaine, et l’adaptation aux risques climatiques, soulève Matata Ponyo. L’heure est donc à la réflexion stratégique autant qu’à l’action concrète, face à une capitale en proie à des défis environnementaux et urbains de plus en plus fréquents.
Junior Kulele


