Dans un climat politique tendu et face aux menaces persistantes dans l’Est de la République Démocratique du Congo, l’opposant Jean-Marc Kabund-A-Kabund a lancé ce mercredi la Coalition de la Gauche Congolaise (CGC), une plateforme politique ambitieuse qui regroupe une dizaine de partis, mouvements associatifs, syndicats et personnalités. Objectif affiché : refonder la République autour des valeurs de souveraineté, de justice sociale et de sécurité nationale.
À travers la CGC, Kabund entend proposer une alternative politique solide à l’actuelle majorité au pouvoir. L’ancien président intérimaire de l’UDPS, devenu farouche opposant, a présenté la CGC comme « un creuset de la gauche patriotique congolaise », déterminée à sauver le pays d’un danger imminent : la balkanisation.
« L’heure est grave ! », a-t-il lancé avec gravité. « Ce n’est pas le moment de prêter oreille aux tambourinaires et aux chants de sirène. Le Président Félix Tshisekedi sera seul devant l’Histoire si l’irréparable venait à se produire dans notre pays. »
L’un des points majeurs de cette déclaration est l’ambition militaire affichée par Kabund : doter la RDC, à l’horizon 2035, d’une armée de 500 000 à 750 000 hommes, équipée d’une logistique tactique de pointe. Pour l’opposant, une armée forte est le gage d’une souveraineté réelle. « La guerre ne sera pas une option, mais une obligation sacrée », a-t-il averti, en visant nommément le Rwanda et d’autres États voisins soupçonnés de soutenir des groupes armés sur le sol congolais.
Dans une déclaration qui sonne comme une mise en garde, Kabund a précisé : « Tout acte ou déclaration d’un État voisin susceptible de menacer notre indépendance, notre souveraineté ou la sécurité de notre peuple sera considéré comme une déclaration de guerre. »
Prenant de la hauteur politique, Jean-Marc Kabund a lancé un appel pressant à Félix Tshisekedi : Initier un dialogue inclusif entre Congolais de tous bords ; Libérer tous les prisonniers politiques, civils et militaires, dont Jackie Ndala. « Le moment est venu d’écouter la voix de la sagesse et de poser des actes de réconciliation nationale pour éviter le chaos », a-t-il insisté, reprenant une demande formulée auparavant par Martin Fayulu.
La sortie officielle de la CGC marque un tournant dans l’opposition congolaise. En se positionnant à gauche de l’échiquier politique, Jean-Marc Kabund tente de rassembler au-delà de sa formation Alliance pour le Changement, avec une vision de transformation sociale ancrée dans la souveraineté nationale et la justice sociale.
Si certains saluent une initiative courageuse et structurée face à un pouvoir souvent critiqué pour son manque d’anticipation sécuritaire, d’autres y voient un discours belliqueux susceptible d’attiser les tensions dans une sous-région déjà fragile. Une chose est certaine : avec cette méga coalition, Jean-Marc Kabund se repositionne au cœur du débat national, prêt à peser dans les grandes batailles politiques à venir.
La rédaction de b-onetv.cd


