Le Secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, est arrivé dimanche à Kinshasa dans le cadre d’une visite officielle de haut niveau en République démocratique du Congo (RDC). Cette mission s’inscrit dans un contexte sécuritaire et politique particulièrement sensible, marqué par la poursuite des violences dans l’Est du pays et les discussions sur l’avenir de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).
Selon des sources onusiennes, l’agenda du diplomate français prévoit une série de rencontres stratégiques avec les plus hautes autorités congolaises, notamment le Président de la République Félix Tshisekedi, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ainsi que les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Des échanges avec des responsables militaires, des partenaires internationaux et des représentants de la société civile sont également programmés.
La visite de Jean-Pierre Lacroix intervient alors que la RDC poursuit la mise en œuvre du plan de désengagement progressif de la MONUSCO, entamé en 2023. Ce retrait, demandé par les autorités congolaises, vise à renforcer la souveraineté nationale et à transférer progressivement les responsabilités sécuritaires aux Forces armées de la RDC (FARDC) et à la Police nationale.
Cependant, la situation sécuritaire reste volatile dans l’Est, notamment au Nord-Kivu et en Ituri, où des groupes armés, dont le M23, continuent de menacer la stabilité et la sécurité des populations civiles. Dans ce contexte, la mission du Secrétaire général adjoint vise à évaluer la transition, ajuster le calendrier de retrait et explorer les mécanismes de coopération post-MONUSCO.
Les discussions devraient également porter sur la protection des civils, le respect des droits de l’homme, la réforme du secteur de la sécurité et la lutte contre l’impunité. L’ONU entend soutenir les efforts du gouvernement congolais pour renforcer l’État de droit et améliorer la gouvernance sécuritaire, notamment à travers des programmes de formation, d’assistance technique et de renforcement des capacités institutionnelles.
Jean-Pierre Lacroix devrait aussi rencontrer des responsables de la MONUSCO afin d’évaluer les opérations en cours et les défis rencontrés sur le terrain, notamment en matière de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des ex-combattants, ainsi que la protection des infrastructures humanitaires. La visite intervient dans un climat régional tendu, marqué par les tensions entre la RDC et le Rwanda autour du soutien présumé au M23, ainsi que par l’implication de mécanismes régionaux tels que la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et la SADC dans la recherche d’une solution durable à la crise sécuritaire.
Les échanges avec les autorités congolaises pourraient également aborder la coordination entre l’ONU, l’Union africaine et les organisations régionales, afin d’harmoniser les initiatives de paix et de stabilisation dans la région des Grands Lacs. La présence du Secrétaire général adjoint à Kinshasa est perçue comme un signal politique fort de l’engagement continu des Nations unies en faveur de la paix et de la stabilité en RDC. Elle témoigne également de la volonté des deux parties de maintenir un dialogue constructif dans une phase de transition délicate.
À l’issue de cette visite, des annonces pourraient être faites concernant l’évolution du mandat de la MONUSCO, les mécanismes de coopération future et les perspectives de stabilisation durable dans l’Est du pays.
JK


