Sous le ciel lourd de Kinshasa, le fleuve Congo, poumon nourricier de la capitale, étouffait en silence. À Kingabwa, son chenal, autrefois artère fluide et vivante, s’est vu peu à peu étranglé par l’avidité humaine et l’incivisme organisé.

Ce mardi 3 mars 2026, le Vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, a lancé les opérations de désensablement et de réhabilitation du chenal de Kingabwa, gravement obstrué après des années de remblayage anarchique. Aux côtés du ministre provincial de l’Environnement Léon Mulumba Mwana Nshiya, du général Stasin Kizimu Mbuyu, commandant de la 14ᵉ région militaire, ainsi que des responsables de la Régie des voies fluviales (RVF), le VPM a pris la mesure d’un désastre écologique et économique.
Près de 34 000 camions de sable et de gravats auraient été déversés illégalement dans le fleuve afin de créer des parcelles constructibles, avec la complicité d’agents fonciers peu scrupuleux. Ce remblayage massif a perturbé l’écoulement naturel des eaux, entraînant l’assèchement progressif de certains ports de la capitale et paralysant une partie des activités portuaires.
Face à cette menace qui pèse sur le fleuve Congo, le gouvernement entend restaurer l’autorité de l’État et redonner au chenal de Kingabwa sa vocation première : servir la navigation, soutenir l’économie et protéger l’équilibre environnemental de Kinshasa.
JK


