La capitale congolaise, Kinshasa, a été le théâtre d’un événement diplomatique majeur avec la tenue de la 9ᵉ Réunion des Ministres en charge des Mines des pays membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). Placée sous le thème : « Consolider la paix et la sécurité pour un développement durable dans la Région des Grands Lacs », cette rencontre a réuni des délégations ministérielles, des experts régionaux ainsi que des partenaires techniques du secteur minier.

Représentant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, a prononcé le discours d’ouverture. Il a exprimé la joie et la fierté de la RDC d’accueillir cette session, avant de rappeler que la région des Grands Lacs continue de faire face à des défis sécuritaires persistants liés à l’exploitation illégale des ressources naturelles.
Dans son allocution, M. Shabani a souligné le paradoxe de la richesse minière de la région — abondante en étain, tantale, tungstène et or, mais encore source de conflits armés et de déstabilisation. « La richesse générée par ces ressources naturelles continue de financer des groupes armés, semant la désolation parmi nos populations », a-t-il déploré, appelant à renforcer les mécanismes régionaux de contrôle et de traçabilité.

Le représentant du gouvernement a insisté sur la nécessité de consolider le Mécanisme Régional de Certification de la CIRGL, instrument clé visant à garantir une exploitation responsable et transparente des minerais. Selon lui, ce dispositif doit permettre de limiter le commerce illicite et de s’assurer que les bénéfices de ces ressources profitent directement aux communautés locales.
La réunion de Kinshasa s’inscrit dans la continuité des sessions techniques tenues les semaines précédentes : la Réunion du Comité d’Audit de la CIRGL (31 octobre – 1er novembre), et celle du Comité Régional sur la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles (7 – 8 novembre). Ces assises ont permis d’évaluer la mise en œuvre du Protocole sur la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, signé il y a près de 19 ans dans le cadre du Pacte de la CIRGL.

Malgré certains progrès, les participants ont reconnu que la région n’a pas encore surmonté les conséquences de l’insécurité minière. D’où l’appel à une coopération régionale renforcée, fondée sur le respect de la souveraineté des États sur leurs ressources, conformément à l’article 4 du Protocole.
La 9ᵉ Réunion ministérielle marque une étape décisive dans la construction d’une gouvernance minière plus éthique et équitable dans une région longtemps marquée par le phénomène des « minerais de conflit ». Les conclusions des travaux devraient déboucher sur des engagements concrets en matière de : certification régionale, lutte contre la fraude et le commerce illicite, et promotion de la transformation locale des ressources minières.
Créée en 2004, la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs regroupe 12 États membres : Angola, Burundi, Centrafrique, Congo, RDC, Kenya, Ouganda, Rwanda, Soudan, Soudan du Sud, Tanzanie et Zambie. Son objectif principal reste inchangé : promouvoir la paix, la sécurité, la stabilité et le développement durable dans une région longtemps fragilisée par les conflits armés et les convoitises autour de ses ressources naturelles.

En accueillant cette 9ᵉ session ministérielle, la RDC réaffirme son rôle de moteur régional pour une exploitation minière responsable, pacifique et tournée vers le développement durable.


